709 MÉMORIAL Memorial DU des Grand-Duché de Luxembourg. Großherzogthums Luxemburg. Mercredi, 23 juillet 1902. N° 50. Mittwoch, 23. Juli 1902. Loi du 15 mai 1902, accordant la naturalisation à M. Nicolas Becker, marchand de volailles à Merl, Nous ADOLPHE, par la grâce de Dieu, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau, etc., etc., etc. ; Vu l'art. 10 de la Constitution et les lois des 12 novembre 1848 et 27 janvier 1878, sur les naturalisations ; Notre Conseil d'État entendu ; De l'assentiment de la Chambre des députés ; Vu la décision de la Chambre des députés du 25 avril 1902 et celle du Conseil d'Etat du 2 mai ct., portant qu'il n'y a pas lieu à second vote ; Avons ordonné et ordonnons : Gesetz vom 15. Mai 1902, wodurch dem Hrn. Nikolas Becker, Geflügethändler zu Merl, die Naturalisation verliehen wird. Article unique- La naturalisation est accordée à M. Nicolas Becker, marchand de volailles, demeurant à Merl, né à Speicher, cercle de Bitbourg (Prusse Rhénane), le 18 septembre 1873. Mandons et ordonnons que la présente loi soit insérée au Mémorial, pour être exécutée et observée par tous ceux que la chose concerne. Einziger Artikel. Dem Hrn. Nikolas Becker, Geslügelhändler, wohnhaft zu Merl, geboren zu Speicher, Kreis Bitburg (Rhein-Preußen), am 18. September 1873, wird hiermit die Naturalisation verliehen. Befehlen und verordnen, daß dieses Gesetz in's „Memorial" eingerückt werde, um von Allen, die es betrifft, ausgeführt und befolgt zu werden. Schloß Berg, den 15. Mai 1902. Für den Großherzog : Dessen Statthalter, Wilhelm, Erbgroßherzog. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Château de Berg, le 15 mai 1902. Pour le Grand-Duc : Son Lieutenant-Représentant, GUILLAUME, Grand-Duc Héréditaire. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Wir Adolph, von Gottes Gnaden, Großherzog von Luxemburg, Herzog von Nassau, u, u., u.; Nach Einsicht des Art. 10 der Verfassung, sowie der Gesetze vom 12. November 1848 und 27. Januar 1878, über die Naturalisationen; Nach Anhörung Unseres Staatsrathes; M i t Zustimmung der Kammer der Abgeordneten; Nach Einsicht der Entscheidung der Abgeordnetenkammer vom 25. April 1902 und derjenigen des Staatsrathes vom 2. M a i c., wonach eine zweite Abstimmung nicht erfolgen wird; Haben verordnet und verordnen: Eyschen. 710 Date de l'acte d'acceptation. (Art. 8 de la loi du 12 novembre 1848.) La naturalisation accordée par la loi publiée ci-avant a été acceptée le 1 e r juillet 1902 par M. Nicolas Becker, ainsi qu'il résulte d'un procèsverbal dressé le même jour par M. le bourgmestre de la commune de Hollerich et dont un extrait a été déposé à la division de la justice. Luxembourg, le 16 juillet 1902. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Datum der Annahme. (Art. 8 des Gesetzes vom 12. November 1848.) Die durch vorstehendes Gesetz dem Hrn. Nikolas. B e c k e r verliehene Naturalisation ist von diesem am 1. J u l i 1902 angenommen worden, wie dies aus einem am selben Tage vom Hrn. Bürgermeister der Gemeinde Hollerich aufgenommenen Protokolle, von welchem ein Auszug bei der Justizabtheilung hinterlegt ist, hervorgeht. Luxemburg, den 16. Juli 1902. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Loi du 15 mai 1902, accordant la naturalisation à M. Emile-Nicolas Nilles-Kauffmann, propriétaire à Hassel. Gesetz vom 15. Mai 1902, wodurch dem Hrn. Emil Nikolas N i l l e s - K a n f f m a n n , Eigenthümer zu Hassel, die Naturalisation verliehen wird. Nous ADOLPHE, par la grâce de Dieu, Grand-Duc de Luxembourg Duc de Nassau, etc., etc.. etc ; Vu l'art. 10 de la Constitution et les lois des 12 novembre 1848 et 27 janvier 1878, sur les naturalisations ; Notre Conseil d'Etat entendu ; De l'assentiment de la Chambre des députés ; Vu la décision de la Chambre des députés du 25 avril 1902 et celle du Conseil d'État du 2 mai ct., portant qu'il n'y a pas lieu à second vote ; Avons ordonné et ordonnons : Article unique. La naturalisation est accordée à M. Emile-Nicolas Nilles-Kauffmann, propriétaire, demeurant à Hassel, né à Beyren, arrondissement de Thionville, le 3 octobre 1865. Wir A d o l p h , von Gottes Gnaden, Großherzog von Luxemburg, Herzog von Nassau, u., u, u.; Nach Einsicht des Art. 10 der Verfassung, sowie der Gesetze vom 12. November 1848 und 27. Januar 1878, über die Naturalisationen; Nach Anhörung Unseres Staatsrates ; M i t Zustimmung der Kammer der Abgeordneten; Nach Einsicht der Entscheidung der Abgeordnetenkammer vom 25. April 1902 und derjenigen des Staatsrathes vom 2. Mai c., gemäß welcher eine zweite Abstimmung nicht erfolgen wird ; Haben verordnet und verordnen: Einziger Artikel. Dem Hrn. Emil Nikolas Nilles-Kauffmann, Eigenthümer, wohnhaft zu Hassel, geboren zu Beyren, Bezirk Diedenhofen, am 3. Oktober 1865, wird hiermit die Naturalisation verliehen. Befehlen und verordnen, daß dieses Gesetz in's „Memorial" eingerückt werde, um von Allen, die es betrifft, ausgeführt und befolgt zu werden. Schloß Berg, den 15 Mai 1902. Für den Grotzherzog : Dessen Statthalter, Wilhelm, Erbgroßherzog. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Mandons et ordonnons que la présente loi soit insérée au Mémorial, pour être exécutée et observée par tous ceux que la chose concerne. Château de Berg, le 15 mai 1902. Pour le Grand-Duc: Son Lieutenant-Représentant, GUILLAUME, Grand-Duc Héréditaire. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN. 711 Date de l'acte d'acceptation. (Art. 8 de la loi du 12 novembre 1848.) La naturalisation accordée par la loi publiée ci-avant a été acceptée le 8 juillet 1902 par M. Emile-Nicolas Nilles-Kauffmann, ainsi qu'il résulte d'un procès-verbal dressé le même jour par M. le bourgmestre de la commune de Weilerla-Tour et dont un extrait a été déposé à la division de la justice. Luxembourg, le 16 juillet 1902. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Datum der Annahme. (Art. 8 des Gesetzes vom 12. November 1848.) Die durch vorstehendes Gesetz dem Hrn. Emil Nikolaus Nilles-Kauffman verliehene Naturalisation ist von diesem am 8. J u l i 1902 angenommen worden, wie dies aus einem am selben Tage vom Hrn. Bürgeimeister der Gemeinde Weiler-zum-Thurm aufgenommenen Protokolle, von welchem ein Auszug bei der Justizabtheilung hinterlegt ist, hervorgeht. Luxemburg, den 16. Juli 1902. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Arrêté grand-ducal du 17 juillet 1902, concer- Großh Beschluß vom 17. Juli 1902, eine Aennant la modification du tracé du chemin de fer derung des Trace's der Vicinalbahn Luxemvicinal de Luxembourg à Echternach sur le burg-Echternach anf dem Gebiete der Gemeinde Eich betreffend. territoire de la commune d'Eich. Nous ADOLPHE, par la grâce de Dieu, Wir Adolph, von Gottes Gnaden, GroßGrand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau, herzog von Luxemburg, Herzog von Nassau, u, u., u.; etc, etc., etc.; Vu la loi du 26 juin 1897, décrétant la consNach Einsicht des Gesetzes vom 26. J u n i 1897, truction d'une ligne de chemin de fer à petite den Bau einer Schmalspurbahn von Luxemburg nach Echternach betreffend; section de Luxembourg à Echternach ; Nach Einsicht des Gesetzes vom 17. Dezember Vu la loi du 17 décembre 1859 sur l'expro1859 über die Enteignung wegen öffentlichen priation pour cause d'utilité publique ; Notre Conseil d'État entendu ; Sur le rapport de Notre Directeur général des travaux publics et après délibération du Gouvernement en conseil ; Avons arrêté et arrêtons : er Art. 1 . La construction d'une ligne de chemin de fer à petite section de Luxembourg à Echternach, partie située sur le territoire de la commune d'Eich et modifiée entre les distances 6.359 kilom. et 6,970 kilom., d'après le plan présenté le 27 décembre 1901 par l'administration des travaux publics, est déclarée d'utilité publique. En conséquence les terrains à emprendre pour l'exécution de ces travaux le seront con- Nutzens; Nach Anhörung Unseres Staatsrathes; Auf den Bericht Unseres General-Directors der öffentlichen Arbeiten und nach Berathung der Regierung im Conseil; Haben beschlossen und beschließen: Art. 1 . Der Bau des auf dem Gebiete der Gemeinde Eich gelegenen und gemäß dem durch die Bauverwaltung am 27. Dezember 1901, eingereichten Plane zwischen Kilometer 6,359 und Kilometer 6,970 abgeänderten Theiles der Schmalspurbahn Luxemburg-Echternach ist zum Gegenstand öffentlichen Nutzens erklärt. Demzufolge werden die zur Ausführung dieser Arbeiten erforderlichen Grundstücke gemäß dem 712 formément à la loi du 17 décembre 1859 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique. Art. 2. Notre Directeur général des travaux publics est chargé de l'exécution du présent arrêté. Luxembourg, le 17 juillet 1902. Art. 2. Unser General-Director der öffentlichen Arbeiten ist mit der Ausführung dieses Beschlusses beauftragt. Luxemburg, den 17. J u l i 1902. Pour le Grand-Duc: Son Lieutenant-Représentant, GUILLAUME, Grand-Duc Héréditaire. Le Directeur général des travaux publics, CH. RISCHARD. Gesetze vom 17. Dezember 1859 über die Enteignung wegen öffentlichen Nutzens erworben. Für den Großherzog: Dessen Statthalter, Wilhelm, Erbgroßherzog. Der General-Director der öffentlichen Arbeite», K. R i s c h a r d . Arrêté du 20 juillet 1902, portant répartition des Beschluß vom 20. J u l i 1902, die Vertheilung der Subsidien zum Besten der Oberprimärsubsides en faveur des écoles primaires supéschulen für das Schuljahr 1901—1902 berieures pour l'année 1901—1902. treffend. L E DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L'INTÉRIEUR ; Der General-Director des I n n e r n ; Vu l'art. 197 du budget des dépenses pour Nach Einsicht des Art. 197 des Ausgabenbüdl'exercice 1902 et l'arrêté grand-ducal du 3 mai gets für 1902, und des Großh. Beschlusses vom 1902, concernant l'exécution de ce budget ; 3. Mai 1902, die Vollziehung dieses Budgets betreffend; Après délibération du Gouvernement en conNach Berathung der Regierung im Conseil; seil; Arrête : Beschließt: er Art. 1 . Les subsides suivants sont accordés Art. 1 . Z u Gunsten des höheren Primärpour l'année courante en faveur de l'enseigne- unterrichtes werden für's laufende Schuljahr ment primaire supérieur, savoir : nachstehende Subsidien bewilligt.: 1° à la commune de Larochette . fr: 1000 1° der Gemeinde Fels . . . . Fr. 1000 2° à la ville de Luxembourg . . » 500 2° der Stadt Luxemburg . . . „ 500 3° à la ville de Remich . . . . » 1500 3° der Stadt Remich . . . . „ 1500 4° à la ville de Vianden . . . . » 1000 4° der Stadt Vianden . . . . „ 1000 5° à la ville de Wiltz » 2000 5° der Stadt Wiltz „ 2000 6° à la commune d'Esch-sur-l'Alz. » 1000 6° der Gemeinde Esch a. d. Alz. „ 1000 7° à la commune de Petange . . » 1000 7° der Gemeinde Petingen. . . „ 1000 8° der Gemeinde Düdelingen . . „ 1000 8° à la commune de Dudelange . » 1000 9° der Gemeinde Differdingen 9e à la commune de Differdange (section chef-lieu) » 1000 (Haupsektion) „ 1000 10° à la commune de Differdange 10° der Gemeinde Differdingen (section de Niedercorn) » 500 (Sektion Niederkorn). . . . „ 500 11° der Stadt Grevenmacher . . „ 1500 11° à la ville de Grevenmacher . . » 1500 12« der Gemeinde Eich (Sektion Müh12° à la commune d'Eich (section lenbach) „ 500 de Muhlenbach) » 500 713 13° à la commune d'Eich (section de Weimerskirch) fr. 1000 14° à la commune de Hollerich 1000 15° à la commune de Rumelange 1000 13° der Gemeinde Eich (Sektion Weimerskirch) 14° der Gemeinde Hollerich 15° der Gemeinde Rümelingen Fr. 1000 1000 1000 Art. 2. Ces subsides seront liquidés immédiatement sur le crédit figurant à l'art. 197 du budget des dépenses pour 1902, au profit du collège des bourgmestre et échevins des communes intéressées. Art. 2. Diese Subsidien werden sofort auf Art. 197 des Ausgabenbüdgets von 1902 zu Gunsten des Schöffenkollegiums der betreffenden Gemeinden liquidirt. Art. 3. Le présent arrêté sera inséré au Mémorial. Art. 3. Gegenwärtiger Beschluß soll ins „Memorial" eingerückt werden. Luxemburg, den 20. Juli 1902. Der General-Director des Innern, H. Kirpach. Luxembourg, le 20 juillet 1902. Le Directeur général de l'intérieur, H . KlRPACH. Avis — Notariat. Conformément à l'art. 70 de l'ordonnance r.g.-d. du 3 octobre 1841 sur le notariat, M. Valentin Delvaux, ancien notaire à Weiswampach, a désigné son successeur, M. Nic. Delvaux, comme dépositaire de ses minutes. La présente sera publiée au Mémorial en conformité de l'art. 74 de la môme ordonnance. Luxembourg, le 19 juillet 1902. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Avis. — Station agricole. Les maisons ci-après désignées ont soumis leur commerce au contrôle de la station agricole de l'État à Ettelbruck, pendant l'année 1902, à savoir : 1° Lehnertz, commerçant d'engrais chimiques à Medernach ; 2e Fréd. Gœdert, fabricant de cierges et de bougies à Esch-sur-l'Alzette. Luxembourg, le 19 juillet 1902. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Bekanntmachung. — Notariat. In Gemäßheit des Art. 70 der Kgl.-Großh. Verordnung vom 3. Oktober 1841 über das Notariat, hat Hr. Valentin Belvaux, ehemaliger Notar zu Weiswampach, seinen Nachfolger, Hrn. Nikolas Belvaux, zum Depositar seiner Urkunden bezeichnet. Gegenwärtiger Beschluß soll gemäß Art. 74 derselben Verordnung im „Memorial" veröffentlicht werden. Luxemburg, den 19. Juli 1902. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Bekanntmachung. — Verfuchspation. Nachstehende Firmen haben für's Jahr 1902 ihren Handel unter die Controlle der Versuchsstation zu Ettelbrück gestellt, nämlich: 1. Lehnertz, Händler für chemische Dünger zu Medernach; 2. Fried. Gödert, Kerzenfabrikant zu Esch a.d.Alz. Luxemburg, den 19. Juli 1902. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. 714 L E MINISIRE D'ÉTAT, PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT ; Beschluß die Veröffentlichung des allgemeinen Berichtes der Handelskammer uber die Lage des Handels und der Industrie für das Jahr 1901 betreffend Der S t a a t s m i n i s t e r , Präsident der R e g i e r u n g ; Vu le rapport général de la Chambre de commerce sur la situation du commerce et de l'industrie dans le Grand-Duché pendant l'année 1901; Nach Einsicht des allgemeinen Berichtes der Handelskammer über die Lage des Handels und der Industrie des Großherzogthums während des Jahres 1901; Arrêté concernant la publication du rapport général de la Chambre de commerce pour l'année 1901. Beschließt : Arrête : Le rapport prémentionné sera publié comme annexe au Mémorial. Erwähnter Bericht soll als Beilage zum „Memorial" veröffentlicht weiden. Luxemburg, den 22. Juli 1902. Luxembourg, le 22 juillet 1902. Le Ministre d'Etat, Président du Gouvernement, Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. EYSCHEN. Avis. — Association syndicale. Conformément à l'art. 10 de la loi du 28 décembre 1883, i l sera ouvert du 4 au 18 septembre 1902, dans la commune de Stadtbredimus, une enquête sur le projet et les statuts d'une association à créer pour l'établissement de chemins d'exploitation à Greiveldange. Le plan de situation, le dévis détaillé des travaux, un relevé alphabétique des propriétaires intéressés, ainsi que le projet des statuts de l'association sont déposés au secrétariat communal de Stadtbredimus à partir du 4 septembre prochain. M. Neyen, vétérinaire du Gouvernement à Remich, est nommé commissaire à l'enquête. Il donnera les explications nécessaires aux intéressés, sur le terrain, le 18 septembre prochain, de 9 à 11 heures du matin, et recevra les réclamations le même jour, de 2 à 4 heures de relevée, à l'école de Greiveldange. Luxembourg, le 15 juillet 1902. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Bekanntmachung. — Syndikatsgenoffenschaft. Gemäß Art. 10 des Gesetzes vom 28. Dezember 1883 wird vom 4. auf den 18. September 1902 in der Gemeinde Stadtbredimus eine Untersuchung abgehalten über das Projekt und die Statuten einer zu bildenden Genossenschaft für Anlage von Feldwegen zu Greiveldingen. Der Situationsplan, der Kostenanschlag, ein alphabetisches Verzeichnis der betheiligten Eigenthümer sowie das Projekt des Genossenschaftsaktes sind auf dem Gemeindesekretariat von Stadtbredimus vom 4. September k. ab hinterlegt. Hr. N e y e n , Staatsthierarzt zu Remich, ist zum Untersuchungscommissar ernannt. Die nöthigen Erklärungen wird er den Interessenten am 18. September k., von 9—11 Uhr Morgens, an Ort und Stelle geben, und am selben Tage, von 2—4 Uhr Nachmittags, etwaige Einsprüche im Schulsaale zu Greiveldingen entgegennehmen. Luxemburg, den 15. J u l i 1902. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. 715 Avis. — Règlement communal. Bekanntmachung. — Gemeindereglement. En séance du 22 mars 1902, le conseil communal de Differdange a décrété un règlement de police concernant le service des femmes dans les cabarets. — Ce règlement a été dûment approuvé et publié, In seiner Sitzung vom 22. März 1902 hat der Gemeinderath von Differdingen ein PolizeiReglement, betreffend die werbliche Bedienung in den Schänten, erlassen. — Dieses Reglement ist vorschriftsmäßig genehmigt und veröffentlicht worden. Luxembourg, le 16 juillet 1902. Le Directeur général de l'intérieur, Luxemburg, den 16. Juli 1902. Der General-Director des Innern, H. Kirpach. H. KIRPACH. Avis. — Règlement communal. Bekanntmachung. — Gemeindereglement. Dans leurs séances respectives des 6 avril et 8 juin 1902, le conseil de la fabrique d'église d'Olingen et le conseil communal de Betzdorf ont arrêté, d'accord avec le bureau des marguilliers et le curé temporaire, un règlement sur le jubé de l'église d'Olingen. — Ce règlement a été dûment publié. In ihren respektiven Sitzungen vom 6. April und 8. Juni 1902 haben der Kirchenrath von Olingen und der Gemeinderath von Betzdorf, im Einverständnis mit dem Büreau des Kirchenvorstandes und dem zeitwelligen Pfarrer, ein Reglement über die Empore der Kirche von Olingen erlassen. - Dieses Reglement ist vorschriftsmäßig veröffentlicht worden. Luxembourg, le 22 juillet 1902. Le Directeur général de l'intérieur, H . KlRPACH. Luxemburg, den 22. Juli 1902. A vis. — Société des Chemins de fer Der General-Director des Innern, H. Kirpach. Guillaume-Luxembourg. MM. les actionnaires de la Société des Chemins de fer Guillaume-Luxembourg sont convoqués eu assemblée générale extraordinaire pour le mercredi, 20 août 1992, à trois heures précises, rue de Strasbourg, n° 10, à Paris. ORDRE DU JOUR: Communication et ratification éventuelle d'un nouveau traité avec la Direction générale impériale des Chemins de fer d'Alsace-Lorraine pour l'exploitation du réseau luxembourgeois de la Société à partir du 1er janvier 1903 jusqu'à la fin de la concession. Pour assister à celte assemblée, les porteurs d'au moins vingt actions anciennes ou cent actions privilégiées ou d'un nombre de ces actions réunies réprésentant un capital nominal de 10,000 francs, devront déposer leurs titres et retirer leur carte d'admission, à Luxembourg, place Guillaume, n° 8, à Paris, rue de Strasbourg, n°10, et à Bruxelles, à la Banque de Paris et des Pays-Bas, jusqu'au 6 août, de 10 heures à 3 heures. Des formules de pouvoirs seront à la disposition des déposants. Nul ne peut représenter un actionnaire s'il n'est lui-même membre de l'assemblée. Luxembourg, le 16 juillet 1902. Caisse d'épargne. — A la date du 11 juillet 1902, le livret N° 93760 a été déclaré perdu. — Le porteur du dit livre est invité a le présenter dans la quinzaine à partir de ce jour, soit au bureau central, soit à un bureau auxiliaire quelconque de la Caisse d'épargne, et à faire valoir ses droits. Faute par le porteur de ce faire dans le dit délai, le livret en question sera déclaré annulé et remplacé par un nouveau. 716 Marktpreise. — 1. Hälfte des Monats Juni 1902. M i t t e l p r e i s e der verkauften Lebensmittel auf den Märkten von Maße oder Luxem- DieEchter- Remich Mersch. Greven- Esch Wiltz. EttelGewicht. macher. a.d.A. brück. nach. burg. kirch. Bezeichnung Der Lebensmittel u. dgl Gerste — — — Spelz — Heidekorn — Hafer — 11 44 11 50 Erbsen — 18 00 Bohnen — — 18 00 Roggen Linsen Kartoffeln 18 00 Hectoliter 16 00 16 50 18 75 17 50 Weizen Mischelfrucht alte 15 00 15 75 15 00 13 50 13 50 16 00 13 00 13 50 13 50 13 50 15 00 10 00 8 75 10 60 18 50 25 00 3 50 3 00 3 00 3 00 3 00 3 125 neue Weizen-Mehl Kilogr. 0 45 0 40 0 40 0 45 0 36 0 34 0 40 0 50 Mischel-Mehl — 0 375 0 38 0 32 0 38 0 32 0 32 0 36 0 40 0 35 0 34 0 29 0 32 Roggen-Mehl 0 70 Butter — — 35 1 89 2 25 1 88 2 10 2 30 2 10 2 20 2 50 Eier Dutzend. 0 89 0 87 0 85 0 89 0 94 1 00 0 90 1 00 1 00 Heu 500 Kilo. 50 00 Geschälte Gerste . 35 00 — 38 25 30 00 Buchenholz Eichenholz Weichholz Stere. 15 00 15 00 14 00 — 10 00 7 00 11 00 Ochsenfleisch Kilogr. 2 00 1 80 1 50 i 70 1 60 — 1 70 1 80 1 50 1 60 1 50 1 60 1 50 1 60 1 90 — 1 70 1 80 1 60 1 80 1 60 1 60 1 60 1 60 2 00 — 1 85 1 60 1 80 1 40 1 80 1 80 1 60 1 80 1 65 2 00 1 60 1 80 1 80 1 80 1 80 1 50 1 80 2 00 Stroh Kuh- od. Rindfleisch Kalbfleisch Hammelfleisch Schweinefleisch id. geränchert — — 2 50 Luxembourg Imprimerie de la Cour. V BUCK. 1 75 1 60 1 MÉMORIAL Memorial DU des Grand-Duché de Luxembourg. GroßherzogthumsLuxemburg. ANNEXE au N° 50 de 1902. RAPPORT GÉNÉRAL SUR LA Situation de l'Industrie et du Commerce pendant l'année 1901. Considérations générales. La dépression violente qui avait éclaté au printemps de l'année 1900, s'est généralisée en 1901 et a embrassé successivement tous les organes de la vie économique. Simultanément, les symptômes de la crise qui se préparait se manifestaient à travers toute l'Europe : le marché témoignait d'une lourdeur inusitée, l'offre dépassait partout la demande, l'esprit d'initiative, dont l'essor avait été si prodigieux, se paralysait, la production se rétrécissait, les valeurs industrielles dégringolaient rapidement et le taux de l'intérêt baissait. Au début, on attribuait volontiers ce malaise, industriel d'abord, commercial et financier ensuite, aux troubles en Chine et dans le Sud-Africain. A mesure qu'il se développait, on put se convaincre qu'on se trouvait en présence d'une de ces crises, devenues classiques, qui viennent éprouver à des intervalles réguliers le marché européen. Ce n'était plus un malaise passager, mais il devint évident qu'il s'agissait d'une de ces liquidations douloureuses des fautes accumulées par le passé. S'il est incontestable que les événements en Chine et dans le Sud-Africain étaient des causes adjuvantes de la crise, il serait excessif de dire qu'ils l'ont engendrée, car le rétablissement de l'ordre en Chine n'a pas facilité la liquidation. Ce sont les erreurs et les fautes des années antérieures, pondant lesquelles tout semblait conspirer pour donner un essor sans pareil aux affaires, — et que nous avons déjà signalées dans notre précédent rapport, — qui ont fait naître la réaction. 2 Le développement régulier de l'industrie et du commerce n'a pas lieu sans résistance et sans soubresauts pénibles. On l'a trop oublié pendant la récente période de prospérité. La prospérité était regardée alors comme l'état normal, la débâcle comme une hypothèse improbable. On avait travaillé pour un débouché que l'on avait cru sans limites et qui, jusqu'ici, avait absorbé tout ce qu'on lui offrait. A l'exaltation des années grasses a succédé, sans transition presque, la prostration des années maigres. Les longs espoirs et les vastes pensées ont fait place à une réserve timorée et à la méfiance. Le mouvement des affaires qui coulait à pleins bords, s'est aminci, la spéculation a retiré son stimulant énergique et la consommation ne songe plus qu'à pourvoir aux besoins du moment. Pendant les quatre années comprises entre la période de 4897 à 4900, le commerce extérieur du Zollverein a augmenté sans interruption. Cet état de choses favorable a cessé en 1901. Les importations, pour cette année, ne représentent plus que 5,709,782,000 mk. contre 6,042,992,000 mk. en 1900; les exportations, pour la môme période, sont descendues de 4,752,604,000 mk. à 4,525,546,000 mk. Ces chiffres donnent la mesure du recul énorme qui s'est produit dans le commerce du Zollverein. La balance du commerce accuse des résultats analogues pour la plupart des pays de l'Europe. Notre industrie minière et métallurgique a été atteinte la première par la crise et en a ressenti le plus lourdement les effets. Pendant cette année néfaste l'extraction de nos minières a diminué d'un tiers. Nos établissements métallurgiques, qui avaient participé largement aux bénéfices des années antérieures, forts de leurs puissantes réserves, ont résisté victorieusement aux atteintes de la crise. Les établissements nouvellement fondés étaient en moins bonne posture et le plus jeune d'entre eux, la société des Hauts-Fourneaux, Forges et Charbonnages Differdange-Dannenbaum, s'est vu forcé, au mois de mai, de demander un moratoire. Toutes nos industries extractives, constructives et manufacturières ont ressenti plus ou moins le contre-coup de la crise. Quelques-unes, comme la tannerie, sont restées stationnantes. Parmi celles qui ont résisté le mieux à l'action funeste des événements, il faut citer les industries dites de consommation, comme la brasserie, la meunerie etc; ces industries ont échappé complètement à l'influence de la crise ou n'en ont guère souffert. L'industrie dés tabacs et cigares a pâti par suite du renvoi de nombreux ouvriers. La ganterie a élargi ses débouchés en modifiant son genre de production. Au milieu de cette dégringolade industrielle, notre situation financière est restée saine, pour ne pas dire bonne. Les écroulements financiers qui se sont produits sur divers points de l'Allemagne, sont demeurés sans répercussion dans le Grand-Duché. Nos établissements de crédit ont continué à se développer, quoiqu'ils aient réalisé des bénéfices moindres par suite du ralentissement de l'activité commerciale et de la diminution des transactions. Le commerce a gardé des dispositions satisfaisantes; cependant, les transactions ont perdu l'ampleur des années de prospérité industrielle et les rentrées s'effectuent difficilement. Si le nombre des faillites témoigne d'une certaine recrudescence, il ne peut pas être taxé d'anormal. Vers la fin de l'année plusieurs signes précurseurs d'une reprise des affaires industrielles se sont manifestés, et l'année 1902 s'est ouverte sous de meilleurs auspices. Il serait 3 osé de dire cependant que la crise est vaincue. Le fond de la dépression est atteint et la conjoncture se relève. Si l'existence d'une légère reprise ne saurait être niée, il règne encore une atonie industrielle qui ne coïncide pas avec un réveil nettement accusé. Tant que les causes n'auront pas complètement disparu, les effets persisteront et Je niveau normal ne sera rétabli que lorsque les stocks seront écoulés. Actuellement, le capital se montre encore trop réservé pour qu'on puisse annoncer la fin définitive de la crise. Les capitaux, qui dorment dans l'attente des temps meilleurs, sont encore considérables. Cependant, un indice certain du retour à la prospérité est le relèvement du taux de l'intérêt. Enfin, l'échéance prochaine des traités de commerce du Zollverein a créé une atmosphère d'insécurité dans laquelle l'initiative industrielle et la spéculation se débattent, sans entrevoir une issue bien précise, et la conclusion des nouveaux traités marquera fort probablement le point de départ d'une orientation nouvelle des affaires. Travaux de la Chambre de commerce. Parmi les questions que la Chambre de commerce a traitées en 1900, nous signalerons plus particulièrement celles qui suivent :
- a)Nouveau tarif douanier. Déjà, en 1900, la préparation de nouveaux traités de commerce du Zollverein, dont les principaux viennent à échéance le 31 décembre 1903, formait le sujet de préoccupations incessantes dans les sphères industrielles et commerciales. Ces préoccupations se sont accentuées dans le courant de l'année dernière. En 1900, il s'agissait avant tout d'une classification nouvelle du tarif douanier. Le tarif actuel comprend 43 classes, groupées par ordre alphabétique et subdivisées en 387 positions: il compte près de 80 années d'existence. Il avait été sérieusement question, en 1879, de l'établir sur un plan plus rationnel, mais le temps manquait alors pour ce vaste travail; on faisait valoir encore pour son maintien l'intérêt de la statistique comparative du commerce extérieur et l'accoutumance du public. Cependant les découvertes sans cesse multipliées de la science et les progrès rapides d'un grand nombre d'industries imposaient une spécification plus complète, car il devenait difficile de faire rentrer de nombreux produits nouveaux ou transformés dans ce cadre suranné. Celui-ci formait, en même temps, un instrument trop défectueux pour la conclusion de nouveaux traités de commerce, les tarifs des autres Etats présentant un plus grand développement en raison des progrès modernes et des manifestations plus diverses de l'industrie. Le nouveau tarif comprend 16 grandes classes,*) subdivisées en 9-i6 positions. La plupart des Chambres de commerce du Zollverein avaient profité de la classification *) 1° Erzeugnisse der Land- und Forstwirthschaft und andere thierische und pflanzliche Naturerzeugnisse; Nahrungs- und Genussmittel ; 2° Mineralische und fossile Rohstoffe ; Mineralöle; 3° Zubereitetes Wachs; feste Fettsäuren, Paraffin und ähnliche Kerzenstoffe, Lichte, Wuchswaaren, Seifen und andere unter Verwendung von Fetten, Oelen oder Wachs hergestellte Waaren ; 4° Chemische und pharmaceutische Erzeugnisse, Farben und Farbwaaren; 3° Thierische und pflanzliche Spinnstoffe und Waaren daraus ; Menschenhaare ; zugerichtete Schmuck- 4 louvelle du tarif douanier, sur laquelle elles étaient consultées, pour formuler des vœux ansujet des droits d'entrée existants. Celle du Grand-Duché était du nombre (voir notre Rapport, pour l'année 1900). Mais ce n'est qu'au mois de juillet 1901 que les représentations du commerce et de l'industrie ont été officiellement saisies du « Entwurf eines Zollgesetzes ». Pour recueillir les* vœux des intéressés, notre Chambre de commerce avait informé le public, par un communiqué à la presse, que le projet du nouveau tarif pourrait être consulté au secrétariat à des heures désignées ; puis, les observations auxquelles le projet avait donné lieu et que nous résumons ci-après, furent arrêtées définitivement dans la séance du 29 août et présentées au Gouvernement. Blés. — La Chambre de commerce estime que les droits élevés, dont le projet de nouveau tarif frappe les blés, ne manqueront pas d'avoir une répercussion fâcheuse sur le Grand-Duché. Notre production de blé ne correspond pas à nos besoins et l'importation doit suppléer dans une large mesure aux insuffisances de la production indigène. La population ouvrière, pour laquelle la question du pain est capitale, sera atteinte, la première, par ces droits. Une hausse de la main-d'œuvre en sera la conséquence fatale, immédiate, car c'est un fait acquis que le prix de la main-d'œuvre est l'expression du prix de revient de la vie et. qu'elle traduit fidèlement toutes les fluctuations qui se produisent dans les conditions de l'existence. L'industrie, par ricochet, subira les effets d'une hausse extraordinaire des salaires : c'est bien sur elle que viendront s'accumuler, — après avoir passé à travers les autres organes de la vie économique sans en modifier le fonctionnement, — toutes les conséquences désastreuses de l'augmentation projetée. Aucun profit bien sérieux n'en résultera, d'autre part, pour notre agriculture. Par le genre de ses cultures, ses procédés et son outillage, celle-ci est appelée avant tout à satisfaire à ses propres besoins et en partie à ceux de la région circonvoisine. De puissantsdroits protecteurs, tels que les prévoit le nouveau tarif, passeront sur elle sans l'affecter. Tannerie. — Les trois tanneries du Grand-Duché qui travaillent d'après le nouveau procédé à tannage rapide, avaient adressé à la Chambre de commerce des protestations très énergiques au sujet des droits élevés qui sont prévus pour les extraits tanniques et le bois de Quebracho. Leurs observations peuvent se résumer ainsi : Nos trois tanneries qui ont adopté les nouveaux procédés de tannage, emploient par an:. 2,100,000 kg. de bois de Quebracho et 805,000 kg. d'extraits tanniques, aujourd'hui libres de tout droit d'entrée. D'après le projet du nouveau tarif, ces quantités acquitteraient : bois de Quebracho : 2,100,000 x (2 mk. les 100 kg.) = 42,000 mk. extraits tanniques : 805,000 x (8 mk. les 100 kg.) == 66,400 » sôit ensemble , . . 106,000 mk. par an. federn ; Fächer und Hüte ; Leder und Lederwaaren, Kürschnerwaaren, Waaren aus Därmen; 7° Kautschukwaaren ; 8° Geflechte und Flechtwaaren aus pflanzlichen Stoffen mit Ausnahme der Gespinnstfasern ; 9° Besen, Bürsten, Pinsel und Siebwaaren ; 10° Waaren aus thierischen oder pflanzlichen Schnitz- oder Formerstoffen ; 11° Papier, Pappe und Waaren daraus ; 12° Bücher, Bilder, Gemälde; Waaren aus Steinen oder andern mineralischen Stoffen (mit Ausnahme der Thonwaaren) sowie aus fossilen Stoffen; 14° Thonwaaren ; 15° Glas und Glaswaaren; 16° Edle Metalle und Waaren daraus; 17° Unedle Metalle und Waaren daraus; 18. Maschinen, elektrotechnische Erzeugnisse, Fahrzeuge; 19° Feuerwaffen, Uhren, Thonwerkzeuge, Kinderspielzeug. 5 Il est vrai que les droits d'entrée sur les cuirs sont relevés sensiblement aussi, mais ce relèvement n'est pas parallèle à celui qui frappe les matières premières. Pour rétablir l'équilibre entre le prix d'achat des matières premières et les prix de vente des cuirs, ceux-ci devraient subir une hausse impossible. D'autre part, ces trois tanneries ne pourront plus retourner à leur ancien moyen de tannage, l'écorce de chêne. Nos meilleures écorces ne contiennent pas plus de 12 pCt. de tannin, et encore y a-t-il de 3 à 4 pCt. d'insoluble. Pour les besoins de nos jours, l'écorce de chêne forme un tannin pauvre qui agit trop lentement ; il nous faut aujourd'hui des tannins riches, produisant leur effet sur la peau dans le temps le plus court. On devrait se garder encore des complaisantes chimères au sujet de l'avenir de l'écorce de chêne. Par des droits d'entrée sur les autres tannins, on ne parviendra guère à en relever le prix: c'est une matière surannée qui ne pourra plus être employée que mélangée avec d'autres tannins. Enlever aux tanneries modernes le bois de Quebracho et les extraits tanniques au moyen de droits prohibitifs, ce serait rendre à ces industries la concurrence sur le marché mondial impossible, surtout aux établissements travaillant la petite peau, et ouvrir les portes toutes larges à l'importation étrangère. D'ailleurs, les pays du Zollverein ne produisent pas même le cinquième des matières tannantes nécessaires à leurs tanneries. Tout en approuvant ces desiderata et en les recommandant à la sollicitude du Gouvernement, la Chambre de commerce estime cependant que la question est assez complexe en ce qu'elle touche également aux intérêts des tanneries travaillant d'après l'ancien système et à ceux des producteurs d'écorces à tan. Elle regrette que ces industriels n'aient pas présenté leurs observations sur le nouveau tarif et engage le Gouvernement à se renseigner auprès des intéressés par voie d'enquête. Ganterie, — L'industrie gantière a relevé en premier lieu l'augmentation onéreuse qui frappe les boutons de nacre, portés de 150 à 200 mk. Pourtant, ces boutons ne se fabriquent pas dans l'intérieur du Zollverein, mais en Autriche ; leur entrée en franchise de douane ne porterait donc préjudice à aucune industrie allemande. Au lieu d'être augmentés, les droits d'entrée sur cet article devraient être abolis. Il en est de même de la soie à broder. L'Allemagne ne saurait fournir la soie nécessaire, cet article formant une spécialité pour laquelle la soie allemande ne convient pas. I l a donc été protesté vivement contre le relèvement des droits sur cet article, portés de 140 à 300 mk. alors que les circonstances demanderaient pour le moins qu'ils fussent maintenus au niveau actuel. D'une grande importance pour la ganterie est également le jaune d'oeuf, dont elle fait une consommation énorme. A l'endroit de cet article, le nouveau tarif s'exprime ainsi : «Eigelb zu gewerblichen Zwecken wird amtlich ungeniessbar gemacht (denaturirt) oder unter Ueberwachung der Verwendung zollfrei abgelassen ». Or, le jaune d'œuf subit déjà dans le pays d'origine, en dehors d'une addition de sel, une autre addition de 5 à 6 pCt. de borax en vue de sa conservation. Ainsi « dénaturé » il ne peut plus servir comme aliment. Par l'ajoute d'une matière dénaturante on risque de le rendre impropre aux usages de la ganterie, la fleur des peaux étant très délicate et très susceptible de se casser au contact d'une matière étrangère. Des milliers de peaux seraient exposées ainsi à être abîmées. Quant à la surveillance à exercer sur l'emploi du jaune d'œuf, elle formerait la source 6 d'embarras sans fin. C'est la nécessité qui exige que, une fois dénaturé, le jaune d'œuf destiné à l'industrie passe librement, sans aucune formalité. Papiers. — Par sa lettre du 31 décembre 1900 la Chambre de commerce avait appelé l'attention du Gouvernement sur la campagne qui se poursuivait alors, en Allemagne, en faveur du relèvement des droits sur le papier. Cette campagne, activement menée par le syndicat des fabricants de papier, ayant trouvé son expression dans le nouveau tarif, il a été appuyé de nouveau sur le grave préjudice qui en résulterait pour nos imprimeries. Divers. — Enfin, une droguerie et une fabrique de brosses ont présenté des observations sur quelques articles spéciaux.
- b)Réadmission en franchise des gants de peau cousus en Belgique. Par sa lettre du 23 janvier 1901 l'administration des douanes rappelle que, depuis 1893, nos fabricants de gants sont autorisés à réimporter en franchise les gants de peau qui jouissent de l'admission temporaire en Belgique pour y être cousus. Estimant que la maind'œuvre indigène doit s'être développée depuis ce temps, elle demande l'avis de la Chambre de commerce sur la question de savoir s'il n'est pas indiqué de supprimer ce traitement exceptionnel à partir de fin décembre 1903. La Chambre de commerce reconnaît volontiers que la réimportation en franchise d'un article ne doit pas léser le travail national en opposant à celui-ci la concurrence du travail étranger sous le couvert d'un régime douanier spécial. Ce régime n'est pas à recommander, du moment qu'un pays dispose d'une main-d'œuvre suffisamment développée pour satisfaire aux besoins de son industrie. Malheureusement, le Grand-Duché n'offre pas les ressources nécessaires à la ganterie, et les conditions qui lui ont valu, en 1893, ce traitement de faveur, ne se sont pas modifiées depuis. La main-d'œuvre indigène continue d'être insuffisante. Depuis 1893 nos fabricants ont essayé loyalement de former des ouvrières dans le pays même ; ils ont monté des ateliers dans différents endroits, mais les lourds sacrifices qu'ils se sont imposés, ont abouti presque invariablement à des échecs. Dans quelques localités, comme Esch-sur-Sûre et particulièrement Wiltz, la couture des gants a pris racine ; dans les campagnes tous les essais ont échoué : nos jeunes paysannes préfèrent travailler aux champs ou d'entrer en condition. D'ailleurs, le travail qu'elles fournissaient était peu soigné et donnait lieu à des réclamations incessantes. Comme il est impossible de trouver dans le pays même la main-d'œuvre indispensable, l'industrie gantière est forcée de continuer à s'adresser à la Belgique pour y trouver le complément nécessaire. D'autre part, la couture belge est expressément demandée aujourd'hui par la clientèle anglaise qui tirait autrefois ses gants de France et de Belgique. Son abandon entraînerait inévitablement la perte d'une partie de cette clientèle. Aussi la Chambre de commerce s'est-elle prononcée énergiquement en faveur du maintien du régime douanier existant.
- c)Dédouanement à la gare de Hollerich. Les colis à destination de Luxembourg qui arrivent par la nouvelle ligne de Pétange sont dédouanés à la gare de Hollerich, et les destinataires sont obligés de se rendre à cette station, 7 distante de trois kilomètres et d'un accès assez compliqué, pour faire procéder aux opérations de la douane. Il en résulte pour nos industriels et commerçants, en dehors des avaries et déchets inhérents à tout déballage et réemballage des colis, des frais supplémentaires assez sensibles pour manutention et réexpédition ultérieure à Luxembourg même. La Chambre de commerce a donc exprimé le vœu au Gouvernement que toutes les marchandises soient dédouanées indistinctement à la gare centrale.
- d)Retards dans les envois de plants d'églantiers. Les mesures rigoureuses qui ont été prises le long de nos frontières sur l'initiative de la Commission phylloxérique font éprouver des retards considérables aux envois de plants d'églantiers, dont nos rosiéristes tirent d'importantes quantités de France, et surtout de Belgique. En dehors de la gêne que ces retards apportent dans la marche régulière des affaires, ils exposent, les plants à des avaries sérieuses. La Chambre de commerce a attiré l'attention du Gouvernement sur cet état de choses.
- e)Timbres-poste. La Chambre de commerce a signalé au Gouvernement un grave défaut que présentent nos timbres-poste de 25 et de 12½ centimes. Ces timbres adhèrent mal à l'enveloppe ; souvent ils s'en détachent et il en résulte des ennuis fort désagréables pour les expéditeurs. Il paraît que la cause réside dans l'épaisseur du papier qui est employé à la confection de ces deux sortes de timbres, nos autres timbres, ceux de 1, 2, 4, 5 et 10 centimes p. ex., qui sont plus minces, n'offrant pas ce défaut.
- f)Réclamation au sujet de la préférence accordée aux étrangers pour fournitures de travaux d'imprimerie. Dans son rapport pour 1899 et 1900 la Chambre de commerce a déjà fait ressortir les nombreux perfectionnements apportés dans l'outillage de nos imprimeries qui permettent d'exécuter, dans le pays même, beaucoup de travaux d'imprimerie pour lesquels on était jusqu'ici tributaire de l'étranger. Parmi ces travaux elle a cité notamment les actions et obligations de sociétés. Nos grands établissements industriels font tirer, depuis quelque temps, leurs actions et obligations à Luxembourg. Leur exemple a été suivi par un certain nombre de maisons étrangères. Il est donc regrettable que des administrations publiques continuent à se fournir en dehors du pays. Ainsi le Crédit foncier, établissement géré par l'État, a adressé ses commandes d'obligations à l'étranger, alors que la Banque Internationale, notre principal établissement de crédit, a fait tirer ici, tout récemment, 80,000 feuilles de coupons d'actions, et plus tard, — trouvant sans doute l'exécution de la commande à son entière satisfaction, — 20,000 actions avec coupons d'actions. Pourtant les prix de nos imprimeurs indigènes sont plus modérés et le contrôle du tirage est toujours plus facile sur place. La Chambre de commerce a donc prié le Gouvernement de ne pas refuser à l'imprimerie luxembourgeoise les encouragements et la confiance, dont l'initiative privée lui donne de si éclatants témoignages, et que, d'ailleurs, elle mérite à tous égards. Peut-être conviendrait-il d'étendre cette faveur aux fournitures de timbres et de cartes postales ? 8
- g)Monnaie. Des plaintes s'élant élevées au sujet de l'abondance excessive des demi-sous, la Chambre de commerce a signalé cet inconvénient au Gouvernement. Cette monnaie ne devrait être lancée sur le marché qu'au fur et a mesure que le besoin s'en fait sentir. A un moment donné, elle formait une gêne sensible pour nos commerçants, pour les détaillants surtout, qui éprouvaient des difficultés réelles à s'en débarrasser.
- h)Tarif maritime. Il existe dans le «Rheiniscli-Westphäl.-Norfhvestdeutscher Seehafenverkehr » un tarif exceptionnel pour un certain nombre de. marchandises et de stations, qui ne trouve pas son application sur notre réseau ferré. La station la plus rapprochée qui bénéficie de ce tarif de Javeur est Trêves. I l serait fort à désirer pourtant, dans l'intérêt de notre commerce et de notre industrie, que ce tarif fût étendu aux principales stations du Grand-Duché. Voici p. ex. quelles différences énormes accusent les frais de transport (calculés sur .10,000 kg.) du port de Brème aux stations ci-après : TRÊVES. METZ. LÜXKMKOUR<;. Riz . .. . . 148 mk. 187 mk. 261 mk. Calé . . . . 189 » 245 » 344 » La Chambre de commerce a donc sollicité l'intervention du Gouvernement auprès de la Direction impériale des chemins de fer en Alsace-Lorraine à reifet de faire bénéficier notre j>ays de ce tarif de faveur.
- i)Concordat préventif de la-faillite. À plusieurs reprises, la Chambre de commerce a signale au Gouvernement les graves défauts que présente notre législation sur le concordat préventif de la faillite. Nos commerçants et industriels s'alarment, à juste tilre, des facilités trop grandes que la législation et la jurisprudence accordent au failli et qui constituent pour ainsi dire une prime à une gestion d'affaires négligente ou douteuse. Les mœurs commerciales, sous ce rapport, se montrent, plus sévères. Si le principe, de sauver l'honneur du débiteur malheureux et de bonne foi est jusie e{, volontiers reconnu, le mode de liquidation même devrait offrir plus de garantie aux créanciers : les propositions concordataires devraient reposer sur clés garanties réelles et sérieuses ; toutes autres propositions, surtout celles qui tendent à confier au débiteur même, sans aucune garantie, la liquidation de'son actif, ne devraient pas être acceptées. La Chambre de commerce a donc jugé de son devoir d'appeler de nouveau l'attention du Gouvernement sur un projet de modifications à introduire dans notre législation sur le concordat préventif de la faillite, qu'elle avait déjà élaboré en '181)8, et qui se résume ainsi: 1° le Tribunal devra nommer, avant le cours de l'instruction, un ou plusieurs experts chargés d'examiner les affaires ou débiteur qui sollicite le concordat ; celte nominal ion qui, dans le texte actuel de la loi, n'est que facultative, devra être dorénavant obligatoire ; 2" les propositions concordataires devront être sérieuses et de nature à donner une confiance absolue dans leur exécution ; à cet effet. :
- a)elles devront comprendre l'offre de payer au moins ;>0 pCI. aux créanciers admis, 9
- b)les dividendes offerts devront être versés dans le délai maximum d'un an,
- c)les offres devront être appuyées d'une garantie réelle ou personnelle d'une valeur incontestable. Concurrence déloyale. La Chambre de commerce a saisi l'occasion que lui fournissait le fait suivant pour appeler de nouveau l'attention du Gouvernement sur les inconvénients de la trop grande liberté économique dont nous continuons à jouir, alors que la plupart des pays voisins ont apporté certaines restrictions à la concurrence. A une foire, un marchand ambulant annonçait une « liquidation » de certains articles de grande consommation. Lorsque la police intervint, il exhiba un bail contracté en bonne et due formé avec le propriétaire d'un magasin de l'endroit pour un terme de plusieurs années. Les commerçants de la localité se sont vivement émus de cette manœuvre, considérée comme une prodigieuse duperie ; ils étaient persuadés que la liquidation annoncée ne servait que d'appât, car il est étrange pour le moins qu'une firme débute par une liquidation. Des procédés analogues se reproduisent chaque jour dans la pratique commerciale. Afficher une liquidation est aujourd'hui un « truc » d'un usage courant pour attirer la clientèle. I l semble même que le terme « liquidation » et son correspondant allemand « Ausverkauf » aient perdu leur sens naturel pour s'appliquer à un commerce de soldes ou à vil prix et qu'ils ne soient plus qu'une forme assez ordinaire de la réclame, tellement on en abuse. Mesures dans l'intérêt de la santé et de la sécurité des ouvriers dans les industries non classées. Le Gouvernement ayant demandé l'avis de la Chambre de commerce sur la loi belge du 2 juillet 1899, concernant la sécurité et la santé des ouvriers dans les entreprises industrielles et commerciales non classées, une commission, composée de MM. A. Duchscher, M. Pescatore et A. Reinhard, fut chargée de l'examen de cette question. Les propositions de cette commission que nous résumons ci-après, ont été admises, après discussion en assemblée plénière, à former la réponse à la demande du Gouvernement : La Chambre de commerce est unanime à reconnaître l'utilité et, dans certains cas, la nécessité d'une loi renforçant l'action réglementaire du pouvoir exécutif par rapport aux industries qui ne sont pas classées, dans la catégorie des établissements dangereux ou insalubres. Des mesures préventives sont désirables pour enrayer, autant que possible, les accidents du travail et les conséquences fâcheuses qu'exerce, sur la santé de l'ouvrier, le séjour dans des ateliers malsains. Le pouvoir public et l'action personnelle se trouvent sur un terrain d'entente au point de vue du bien. Elle estime donc que la loi belge du 2 juillet 1899, concernant la sécurité et la santé des ouvriers employés dans les entreprises industrielles ou commerciales non classées, pourrait être adoptée en principe dans le Grand-Duché où elle ne manquerait pas de produire des effets éminemment salutaires. Rechercher et trouver les moyens d'accorder à l'Etat une intervention plus large dans l'agencement hygiénique des ateliers ne suffit pas : i l faut encore s'assurer que cette intervention s'exerce dans les conditions les plus pratiques. Sous ce rapport, la Chambre de com2 10 merce croît devoir proposer que l'exécution de la loi soit confiée à l'inspection des fabriques. Si l'on voulait charger de cette besogne la police, c'est à dire !a gendarmerie, il est fort à craindre que la loi ne trouve un accueil sympathique ni chez le patron ni chez l'ouvrier et. qu'au lieu de faire ressortir nettement le but d'aider et d'instruire, elle ne revête plutôt un caractère vexatoire, et ses résultats seraient médiocres. Peut-être serait-il à désirer que le Gouvernement, s'il était investi des pouvoirs prévus par la loi belge, ne fît procéder à des visites que dans les cas qui lui seraient signalés et lorsque son intervention serait requise à cet effet. Les inspections indispensables au contrôle de l'application correcte des dispositions législatives sur cette matière doivent, en principe, apporter un concours à l'industriel. Toute manifestation inquisitoire, tracassière ou intransigeante doit en être rigoureusement exclue. Le contrôle doit être rempli avec bienveillance et l'industriel doit pouvoir ouvrir ses portes avec confiance aux inspecteurs, qui, de leur côté, lui doivent leurs lumières pour lui faciliter sa tâche à laquelle sont liés sa fortune et son honneur. Aussi la Chambre de commerce est-elle persuadée que le Gouvernement chargera de cette délicate et importante mission des personnes méritant l'entière confiance des industriels, qui sauront procéder avec le tact nécessaire et sans froisser les industriels habitués à se trouver en conformité avec les exigences de l'hygiène. Nos ateliers, sous ce rapport, ont. fait un énorme pas en avant. Les sévérités de la jurisprudence à l'égard des patrons dans les questions d'accidents du travail ont fait entrer beaucoup d'industriels négligents dans la bonne voie. En Allemagne, des règlements visant le même but que la loi belge ont été édictés ces temps derniers par plusieurs grandes villes. Ces règlements émanent des administrations municipales. Des commissions spéciales, dites « soziale Kommissionen », qui sont élues par les conseils municipaux, veillent à leur exécution. Leurs membres ont à exercer gratuitement leur mission, ce qui semble peu recommandable pourtant. A en juger par les feuilles allemandes qui s'occupent spécialement de questions ouvrières, ces mesures auraient donné des résultats satisfaisants, surtout à l'égard de l'assainissement des ateliers et demeures. Il est un fait acquis aujourd'hui que la santé de l'ouvrier est ruinée sur une plus large échelle par les habitations insalubres et le séjour prolongé dans des locaux manquant d'air vital et de lumière que par une nourriture insuffisante. La Chambre de commerce a donc saisi cette occasion pour recommander à l'attention toute particulière du Gouvernement la question des habitations ouvrières dont la Chambre des députés est saisie. Par la construction d'habitations saines, spacieuses et à bon marché, dont les ouvriers pourraient se rendre acquéreurs dans un temps déterminé, l'État rendrait à ceux-ci un service immense. Un point essentiel de la question sociale est là. Sous ce rapport on pourrait s'inspirer peut-être de ce qui se passe en Belgique où des commissions locales, qui ont pour mission d'encourager la construction et l'amélioration des habitations ouvrières, fonctionnent à la satisfaction générale. Paiement des salaires aux ouvriers. Des critiques ayant été faites sur les abus auxquels la loi du 12 juillet 1895, concernant le paiement des salaires aux ouvriers, donnerait lieu dans la pratique, le Gouvernement a 11 demandé l'avis de la Chambre de commerce sur l'opportunité de modifications éventuelles à introduire dans la législation afférente. Aucun des nombreux abus signalés n'est venu à la connaissance des membres de la Chambre de commerce, ce qui permet de supposer que ces critiques reposent sur des informations erronées. La Chambre veut bien admettre que la loi de 1895 donne lieu à des abus: toutes les institutions sociales, si parfaites qu'elles soient, y sont sujettes. Dans l'espèce, ils ne doivent pas mériter de fixer particulièrement l'attention publique. Comment s'expliquer que des ouvriers, — alors que la surabondance de la demande qui règne sur le marché de la main-d'œuvre ne les force nullement à subir docilement les conditions d'un patron, — n'aient sollicité nulle part l'intervention de la police? L'ouvrier moderne n'est pourtant pas sans connaître la législation qui règle le paiement des salaires. Il est donc inadmissible que tous ces ouvriers se soient laissé exploiter tranquillement, sans invoquer la protection des lois. Au sentiment de la Chambre de commerce, il n'y a pas lieu de modifier la loi de 1895. Cette loi a fait ses preuves. Elle entoure le paiement des salaires de toutes les garanties désirables. Si elle donne lieu à des abus, les pouvoirs sont suffisamment armés pour les réprimer. En ce qui touche plus particulièrement la question du prix de revient, la Chambre estime qu'elle est diverse et changeante suivant les lieux. Une mesure générale ne saurait être prise à cet égard, les prix d'achat des denrées n'étant pas partout les mêmes. Une interprétation assez communément répandue parmi la population ouvrière tend à identifier le prix de revient avec le prix d'achat des marchandises, sans tenir compte des frais d'administration, de transport et de manutention, des frais généraux de toute sorte et des pertes provenant de déchets, avaries et soldes qui viennent s'ajouter au prix d'achat pour former le prix de revient. Les économats enfin doivent être considérés comme un bienfait immense pour l'ouvrier. Ils ont été créés dans les centres trop rapidement industrialisés pour le préserver contre l'exploitation de commerçants peu scrupuleux, et ne forment généralement qu'une charge pour les patrons. Il est de toute justice que les tenanciers des économats fassent supporter aux marchandises tous les frais de premier établissement et d'exploitation. Rapatriement des ouvriers étrangers. A la suite de la crise métallurgique qui s'était accentuée au printemps de l'année 1901, de nombreux ouvriers étrangers avaient été congédiés et vagabondaient à travers le pays. La plupart d'entre eux étant dénués de ressources, leur rapatriement éprouvait de grandes difficultés et le Gouvernement songeait aux mesures à prendre pour éviter le retour d'un pareil état de choses. A la date du 7 mai, il soumit à l'examen de la Chambre de commerce la proposition suivante: «II y aurait peut-être moyen d'obvier à cet état de choses si l'on obligeait le patron à n'occuper que des ouvriers ayant une petite réserve ou de retenir sur le salaire des ouvriers qu'ils emploient la somme nécessaire pour assurer, le cas échéant, le retour dans leur pays d'origine.» La Chambre de commerce est persuadée de l'utilité d'une mesure, consistant à créer un fonds de rapatriement au moyen de retenues à opérer sur les salaires des ouvriers étrangers embauchés par des patrons luxembourgeois. Un contrat passé de gré à gré entre le patron et l'ouvrier en établissait le montant et règlerait tous les détails de la perception. Les 12 sommes ainsi perçues resteraient consignées entre les mains du patron, à moins que le Gouvernement ne préfère créer une caisse spéciale gérée par ses agents ou sous sa surveillance. Ce procédé a déjà trouvé son application dans le pays. On a cité entre autres l'exemple d'un de nos plus grands établissements métallurgiques qui avait embauché, il y a quelques années, des ouvriers autrichiens dans des conditions analogues. Cependant, l'exécution de cette mesure se heurte à une grosse difficulté dans la pratique. Ces retenues devant être minimes, il se passera un certain temps avant que la somme nécessaire au rapatriement puisse être atteinte. Si maintenant les circonstances imposent un rapatriement anticipé, par suite de renvoi ou de tout autre cas fortuit, après quelques semaines ou un mois p. ex., la mesure devient inefficace. Régime des vins. Consultée par le Gouvernement sur l'opportunité de l'introduction dans le Grand-Duché de la loi allemande du 24 mai 1901 sur le régime des vins, la Chambre de commerce s'est prononcée à l'unanimité en faveur de l'adoption pure et simple de cette loi. Au point de vue des transactions, — celui que la Chambre a particulièrement envisagé, — la nouvelle loi allemande offre un progrès réel. Le commerce honnête y trouvera toutes les facilités et garanties désirables, alors que le consommateur qui pâtissait de la liberté trop grande dont jouit le commerce déloyal, ne pourra plus être trompé désormais sur la nature et la qualité des vins entrés dans le commerce. Elle contribuera ensuite à relever et à raffermir la réputation de nos vins indigènes qu'on a tenté à discréditer en représentant le Grand-Duché comme un centre de sophistication: les accusations dont on cherchait à nous accabler injustement, n'ayant plus de raison d'être, tomberont d'elles-mêmes. Un seul point a fait naître certaines appréhensions: c'est le contrôle prévu par la loi allemande. Nos commerçants et industriels acceptent difficilement l'ingérence de l'État dans leurs affaires si elle est exercée par des agents subalternes qui ne savent pas toujours procéder avec le tact et les ménagements nécessaires. Puis il importe aussi de mettre le commerce à l'abri de toutes les indiscrétions possibles auxquelles ce contrôle pourrait donner lieu. La Chambre de commerce a donc recommandé au Gouvernement de ne charger de ce contrôle que des personnes sûres, méritant une confiance absolue. Minières. L'année 1901 a été désastreuse pour nos minières: l'extraction du minerai de fer qui était de 6,171,299 tonnes en 1900, est tombée à 4,455,179 tonnes. La diminution représente donc 1,716,120 tonnes, soit un tiers de l'extraction totale. La valeur de la production a reculé de 5,499,251 fr. Sur le nombre des ouvriers nos statistiques renseignent une diminution de 1493. Le nombre des accidents déclarés à l'Administration des mines a été de 101, dont 22 dans les exploitations à ciel ouvert. En 1900 ce nombre a été de 156, dont 43 dans les exploitations à ciel ouvert. Il y a eu 16 accidents mortels dans les galeries, tandis qu'aucun accident mortel n'a été déclaré dans les exploitations superficielles, ce qui porte à 5,5 ‰ la proportion pour la première et à 0‰ celIe pour la dernière catégorie d'exploitations. 13 Aperçu des chômages qui se sont produits en 1901.
- a)BASSIN D'ESCH : II n'y a pas d'exploitation qui ait chômé complètement.
- b)BASSIN DE RUMELANGE : Nombre des exploitations qui ont travaillé, mais sans faire d'expéditions. Janvier... Février... Mars... Avril... Mai... Juin... Juillet... Août... Septembre... Octobre... Novembre... Décembre... 2 5 5 4 4 4 4 3 4 S Nombre des exploitations où le travail était suspendu. Janvier... Février... Mars Avril Mai... Juin... Juillet... Août... Septembre... Octobre... Novembre... Décembre... ... ... 1 1 1 1 2 1 1
- c)BASSIN DEDEDIFFERDANGE-LAMADELEINE: Janvier... Février... Mars... Avril... Mai Juin... Juillet... Août... Septembre... Octobre... Novembre... Décembre... 1 2 1 2 5 ... 1 4 3 1 1 1 1 Janvier... Février... Mars Avril... Mai... Juin... Juillet... Août.... Septembre Octobre... Novembre... Décembre... 1 2 1 1 3 5 6 ... 6 6 6 6 ... Statistique de production. Année 1900. 76 Nombre des sièges d'exploitation... 6,171,229. Production totale... t. Valeur de la production totale... fr. 17,283,289 Prix moyen de la tonne... 2.80 ' sous terre . . 3,857 Nombre des ouvriers occupés | à ciel ouvert . 2,350 ensemble . 6,207 Population ouvrière (femmes et enfants). . . 13,406 Année 1901. t. fr. 75 4,455,179 11,770,046 2.65 3,039 1,673 4,714 10,966 14 Le tableau ci-après donne le mouvement qu'a suivi la valeur de la production des minières depuis 1895. Valeur totale. Production. 1895... 1896.. 1897... 1898... 1899... 1900... 1901... T. 3,913,076 4,758,741 5,349,009 5,348,951 6,014,394 6,171,229 4,455,179 fr. 9,590,443 11,852,528 13,980,550 13,934,186 16,237,500 17,283,289 11,770,046 Prix de la tonne. fr. 2,45 2,49 2,61 2,60 2,70 2,80 2,63 Comparaison entre la production de l'Allemagne et celle du Grand-Duché pour l'année 1900.*) Sièges d'exploitation. Nombre des ouvriers. Production. 473 76 37,596 6,207 T. 12,793,065 6,171,229 Allemagne. Luxembourg Valeur totale. Prix de la tonne. fr. 79,751,250 fr. 6,24 17,283,289 2,80 Le tableau statistique suivant donne la production des minières du Grand-Duché depuis.. 1868 ; le tableau graphique ci-contre donne la même production depuis 1880. Année. Tonnes. Année. Tonnes. 1868 1869 1870 1871 1872 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 1883 1884 722,039 924,382 911,695 990,499 1,174,334 1,331,743 1,442,668 1,090,845 1,196,729 1.262,825 1,407,617 1,613,392 2,173,463 2,161,881 2,539,295 2,551,090 2,447,634 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 2,648,449 2,361,372 2,649,710 3,261,925 3,102,753 3,359,413 3,102,478 3,370,352 3,351,938 3,958,280 3,913,076 4,758,741 5,349,009 5,348,951 6,014,394 6,171,229 4,455,179 *) Les chiffres concernant l'Allemagne sont empruntés aux publications de l'Office impérial de statistique de Berlin. Tonne.:) TABLEAU GRAPHIQUE de la Production des Minières depuis 1880. 16 Industrie métallurgique. La métallurgie luxembourgeoise a ressenti, en 1901, tous les effets de la crise qui sévit si durement sur les différents marchés de l'Europe. De nos 28 hauts-fourneaux 25 seulement étaient en activité pendant 1149 semaines, contre 1382 semaines en 1900. La production de la fonte a diminué de 54,541 tonnes, la valeur de 7,956,858 fr. La production des fonderies est descendue de 1,302 tonnes. Seule, la production des aciéries a continué son développement : de 184,714 tonnes, représentant une valeur de 24,469,184 fr., elle est montée à 257,055 tonnes, représentant une valeur de 30,661,562 fr. Les causes, les origines et les phases initiales de la crise, qui tombent en 1900, sont suffisamment connues : elle est le contre-coup inévitable d'une ère de prospérité anormale qui a fini trop brusquement après avoir duré cinq ans, mais elle tient aussi à une coïncidence de causes multiples que nous avons déjà signalées dans notre précédent rapport. Après la période de prospérité inouïe, un arrêt était devenu inévitable La production, sollicitée par une demande absolument fantastique que surexcitait la spéculation, se trouva subitement devant des débouchés sursaturés, incapables d'absorber ses produits. Ce fut là le point de départ de la crise qui s'étendait rapidement et gagnait en intensité. Entretemps, les hauts-fourneaux, aciéries et laminoirs produisaient toujours. Les produits s'accumulaient dans les usines et les prix descendaient sans cesse, certains clients ayant refusé de prendre livraison des quantités contractées. A cette situation désastreuse s'ajoutait un manque de confiance absolu dans l'avenir qui s'assombrissait toujours davantage. Par surcroît de malheur, les syndicats des cokes rhénan-westphalien et belge qui avaient, avec presque toutes nos usines, des contrats à long terme pour la fourniture du combustible à des prix trop élevés comparés à ceux des produits de la métallurgie, forçaient leurs clients, qui avaient restreint leur production le plus possible par suite de la mauvaise marche des affaires, à exécuter les marchés conclus. Malgré toutes les réclamations, les syndicats, plutôt que d'adoucir leurs prix, préférèrent restreindre leur production et les usines durent passer par ces conditions. Comme le marché intérieur n'apportait que des commandes rares et sans importance, on fut obligé de se jeter sur l'exportation, content d'y trouver un débouché qui permettait de donner, même avec perte, du travail aux ouvriers. Vers la fin de l'automne le fond de la baisse était atteint et les commandes, surtout celles de l'étranger, firent de nouveau leur apparition. Les prix restèrent encore déprimés, mais au moins les usines avaient de l'occupation et les cours se raffermissaient. La marche ascendante se maintient depuis et la situation s'améliore incontestablement. Espérons que cet accroissement d'activité sera un acheminement vers une nouvelle ère de travail fécond et de prospérité. Toutefois, on devrait se garder d'être trop optimiste, car entre les prix actuels et ceux qui étaient pratiqués autrefois, il y a encore une marge considérable. 17 Statistiques.
- a)HAUTS-FOURNEAUX. Le nombre des fours en feu a été de ayant marché La production se répartit ainsi : 1° fonte d'affinage 2° Thomas 3° de moulage divers ensemble représentant : 4° pour la fonte d'affinage 2° Thomas 3° de moulage . divers soit une valeur totale de Prix de la tonne Minerai consommé Nombre des ouvriers occupés Population ouvrière (femmes et enfants) Année 1900. Année 1901. 28 . 1382 semaines. 25 1149 semaines. T. 117,479 752 750,815015 101,853 737 500 T. 970.885297 . fr. 8,011,978 57,889,760 8,281,737 50,703 . fr. 74,234,178 . fr. 76,46 T. 3,198,299 3,274 9,131 111,593500 672,075 132.438 297500 T. 916.404 T. fr. fr. T. 8,307,608 47,099,145 10,848,255 22,312 66,277,320 72,32 2,878,150 2,771 6,615 Le tableau ci-après donne le mouvement qu'a suivi la valeur de la production de la fonte dans les 7 dernières années : Production. 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 T. 694,813 808,898 872,457 945,866 982,929 970,885 916,404 fr. « Valeur totale. Prix de la tonne. 32,171,540 41,455,505 49,317,477 52,463,475 55,740,319 74,234,178 66,277,230 fr. 46,30 51,74 56,53 55,46 56,70 76,46 72,32 Comparaison entre la production de l'Allemagne et celle du Grand-Duché pour l'année 1900.*) Nombre des ouvriers. Allemagne. Luxembourg 31,312 3,274 Production. T. Valeur totale. Prix . de la tonne 7,537,114 fr. 612,926,250 fr. 81.25 76,46 74,234,178 970,885 Minerai consommé. T. 21,057,9-15 3,198,299 *) Les chiffres concernant l'Allemagne sont empruntés aux publications de l'Office impérial de statistique de Berlin. 3 18 FONDERIES. Nombre des fonderies en marche . •. . La production se répartit ainsi : . . Année 1900. Année 1901. 9 10 S" p o t e r i e . . . . . . . . . . . 2° tuyaux 3° construction des machines . . . . . ensemble . . . . T. ,11,293 SI ° représentant : 1" pour la poterie 2° » les tuyaux . . . . . . . . . 3°
- y)la construction des machines . . . soit une valeur totale de . . . fr. 1,856,965 Prix moyen de la tonne . . . . . . . fr. 164,43 Consommation des matières premières . . T. 11,978 Nombre des ouvriers occupés » 352 Population ouvrière (femmes et enfants) » 890 65ß8oo T. » » l,030 9 4 S 8,294» 20 T.. 9,981 2 6 5 fr. » » 219,200 141,643 1,516,973 fr. fr. 1,877,816 188,42 10,680 T. » » 445 1,305 Le tableau ci-après donne la progression qu'a suivie la valeur de la production des; fonderies'depuis 1895. Production. 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 . . . . T. . . . . » . . . . » . . . . » . . . . » . . . . » . . . . » 8,747 9,307 9,874 9S0 9,358«3* 11/154 257 11,293» s0 9,981 8 6 5 fr. » » » » » » Valeur totale. Prix de la tonne. 1,31.7,975 1,370,596 1,370,888 1,459,815 1,816,839 1,856,965 1,877,816 fr. » » » » » » 150,67 147,26 139,00 155,99 162,89 164,43 188,42 ACIÉRIES. Année 1900. Nombre des aciéries Production Valeur de la production Consommation de fonte de toutes espèces . Nombre des ouvriers occupés . . . . . Population ouvrière (femmes et enfants) 3 T. fr. T. 184,714,' 9 * T, 24,469/184 fr. 277,376 T. 966 3,590 Aniïée 1901. 3 257,055 30,661,562 . 426,376 1,754 3,800 19 La production de 1901 se décompose comme suit :
- a)lingots T.
- b)demi-fabricats (blooms, billettes, platines etc.) destinés à la vente
- c)produits finis 1° rails et éclisses T. 27,057 fr. 3,889,440 2° traverses 12,700 1,746,250 3° fers marchands, 30,710 565 5,212.514 machines et divers 13,159435 fr. 167,428 76,467 565 T. 257,055 1,213,218. 18,600,136 10,848,208 fr. 30,661,562 I. FONTE. Total de la Production des Hauts-Fourneaux Tonnes. 1.000,000 375.000 950. 000 925.000 900.000 875.000 850.000 825.000 800.000 775.000 750.000 725.000 700.000 675.000 650.000 625.000 600.000 575.000 550.000 525.000 500.000 475.000 450.000 425.000 400.000 375.000 350.000 325.000 300.000 275.000 250.000 225.000 200.000 175.000 150.000 1900 1901 1898 1896 1894 1895 1892 1893 1891 1890 1889 1887 1888 1886 1884 1885 1881 1882 1883 1880 1897 125.000 100.000 II. PRODUCTION DE FONTE D'AFFINAGE DEMOULAGE & THOMAS III. FONDERIES. Total de la Production. IV. PRODUCTION DE L'ACIER THOMAS. 24 Rappel de la production des Hauts-Fourneaux depuis 1868. Année. Tonnes. Nombre des HautsFourneaux. Année. Tonnes. Nombre des HautsFourneaux. 1868 1869 1870 1871 1872 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 1883 1884 93,408 122,554 128,300 142,897 184,573 256,449 246,600 270,377 230,500 215,388 248,377 261,236 260,666 293,615 376,587 334,688 365,997 15 14 14 14 16 18 19 21 21 20 19 17 18 18 18 18 18 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 419,610 400,644 492,038 523,776 561,733 558,912 544,994 586,515 558,289 679,816 694,813 898,000 872,457 945,866 982,929 970,885 916,404 24 21 21 20 21 21 21 22 23 23 23 25 27 28 28 28 23 Cette production se décompose ainsi : FONTE D'AFFINAGE. FONTE DE MOULAGE. FONTE THOMAS. Année. Tonnes. Année. Tonnes. Année. Tonnes. Année, Tonnes. 1868 1869 1870. 1871 1872 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 1883 1884 93,408 122,554 128,300 142,897 184,573 256,449 246,600 270,377 230,500 215,388 248,377 261,236 243,740 235,263 260,492 206,726 198,190 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 201,702 148,089 196,184 199,151 198,033 191,056 124,233 118,222 122,679 129,533 94,282 140,295 148,950 143,753 152,601 118,247 111,593 1880 1881 4882 4883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 16,926 29,133 38,936 49,106 76,662 109,680 75,956 75,622 75,129 84,582 67,790 99,683 123,307 87,367 112,018 141,618 116,699 165,454 150,711 137,362 101,853 132,438 1884 4882 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 29.219 77,159 78,855 91,145 108,227 176,599 220,232 249,496 279,118. 300,066 321.078 344,986 348,242 438,265 458,912 551,904 585,969 651,403 692,966 750,815 672,075 25 Rappel de la production des Fonderies depuis 1868. Année. Tonnes. Année. Tonnes. Année. Tonnes. 1868 1869 1870 1871 1872 1878 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1,200 1,014 1,141 1,536 1,615 1,413 1,310 1880 1881 1882 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1,701 1,579 1,726 1,827 1,670 1,440 2.585 3,044 4,6:15 4,642 5,909 7,062 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 6,281 7,764 8,328 8,747 3,307 1,341 1,370 1,269 1,394 1 305 9,874 9,858 11,154 11,293 9,981 Rappel de la production des Aciéries depuis 1886. Année. Tonnes. Année. Tonnes. Année. 1886 1887 1888 1889 1890 1891 20,554 57,346 69,739 97,900 97,462 110,920 1892 1898 1894 1895 1896 1897 103,310 129,123 131,220 134,539 136,955 143,692 1898 1899 1900 1901 Tonnes. 170,153 166,206 184,714 257,055 Mouvement de la population ouvrière de l'industrie minière et métallurgique depuis 1895. Nombre des ouvriers Population ouvrière (femmes et enfants) 1895. 1896. 1897. 1898. 1899. 1900. 1901. 7,757 9,238 10,224 10,608 11,095 10,709 9,684 24,602 25,772 80,118 28,634 27,017 19,086 Ateliers de construction. Là situation des ateliers de construction reflétait la dépression générale que nous avons signalée en tête de notre rapport. Pendant que, d'un côté, le découragement et le manque de 4 26 confiance dans l'avenir arrêtaient tout essor de l'esprit de spéculation, le placement des produits fabriqués, de l'autre côté, rencontrait des difficultés toujours nouvelles. Beaucoup d'ateliers qui avaient conclu, pendant l'année 1900, des marchés à longue échéance pour l'achat de leurs matières premières aux prix exorbitants qui avaient cours alors, se virent forcés de consentir à des prix de vente qui descendaient parfois au-dessous du niveau des prix de revient. Ce qui contribuait à rendre la situation extrêmement pénible, c'est que, vers la fin de l'année précédente déjà, les prix de vente avaient laissé les producteurs en perte. Cette situation n'était pas particulière au Grand-Duché. Les pays voisins, sous ce rapport, n'étaient guère mieux partagés. A travers certains centres industriels elle se présentait sous un aspect plus sombre encore, car la crise, en s'attaquant à de grands établissements, prenait des proportions inconnues dans notre pays, où nous comptons des. ateliers d'une importance moindre en général. Dans les établissements qui fabriquent les articles, dits « articles de saison», l'influence désastreuse de la crise se faisait le plus vivement sentir. Si, dans ce compartiment du marché, les ventes se ralentissent, des stocks considérables de produits fabriqués s'entassent, immobilisant un capital considérable qui reste improductif. Nos constructeurs luxembourgeois ont eu beaucoup à souffrir sous ce rapport, et il faudra une série d'années pour réparer les. brêches, à moins que la reprise à laquelle nous assistons eu ce moment, ne fasse naître une ère de prospérité nouvelle. La Chambre de commerce se plaît à constater que, de même qu'en 1900, nos constructeurs n'ont procédé à aucune réduction des salaires des ouvriers dans le courant de 1901. Il est vrai qu'ils n'ont pu conserver toute son ampleur au degré d'occupation, mais ils se sont bornés à diminuer le nombre des heures de travail, sans toucher aux salaires, quoique leur situation ne fût rien moins que brillante. Ce fait mérite d'être relevé, car il a son importance au point de vue social. Le nombre des ouvriers occupés dans nos ateliers de construction a diminué d'un cinquième : de 2,300 qu'il était en 1900, il est tombé à 1,840. La valeur des produits fabriqués destinés à la vente, que nous avions estimée à 6,500,000 fr. pour l'année 1900, ne représentait plus, en 1901, qu'une valeur approximative de 4,875,000 fr. Cette diminution de 1,625,000 fr. se répartit par portions sensiblement égales entre la consommation intérieure et l'exportation. Si des pertes et des difficultés de toutes sortes pesaient lourdement sur nos ateliers de construction déjà vers la fin de l'année 1900, les effets de la crise n'ont fait que s'accentuer en 1901. Espérons que la confiance dans l'avenir, que les promesses de l'heure présente ont fait naître, se justifie et ne se transforme, pas en déception. Industrie du bâtiment. L'activité tout-à-fait extraordinaire qui régnait pendant une série d'années dans l'industrie du bâtiment avait fait place, déjà en 1900, à une période de calme relatif. Un nouveau recul, très sensible, s'est produit en 1901. A l'intérieur de la ville de Luxembourg, 3 immeubles d'une certaine importance: le 27 nouvel hôtel de la Banque Internationale et les immeubles Bernhöfft et Link, ont été mis en Construction, auxquels i l faut ajouter 4 maisons. Sur le Limpertsberg on a construit 5 à 6 maisons clans i'allée Scheffer et 1Q a 12 autres maisons, disséminées dans les diverses rues de ce quartier. Dans les alentours de la ville, à Hollerich et à Bonnevoie, le bâtiment a conservé une activité considérable, quoique moindre que celle des dernières années. I l s'y est construit un grand nombre de petites habitations familiales et de maisons de commerce : pouf| la première de ces localités le nombre des constructions nouvelles varie entre 25 et 30, dont plus de la moitié au « Feldgen » ; pour la dernière, ce nombre varie entre 12 et 15. A travers le bassin minier on remarque une période d'arrêt. L'activité fébrile qui s'y manifestait, pendant un nombre d'années, a baissé considérablement, et l'on peut dire que l'industrie du bâtimenl a été réduite, dans toute la région minière, à un tiers de ce qu'elle était encore en 1900, .en laut qu'on ne prend en considération que les immeubles construits pour le compte des particuliers. Par contre, des constructions communales ont été exécutées en assez grand nombre. Cette situation défavorable (loi! être ramenée à la crise qui sévissait dans la métallurgie. On juge de la prospérité d'une contrée par le développement de ses travaux de bâtiment et en réalité nulle industrie ne reflète plus fidèlement la situation économique. Autour du foyer de la crise métallurgique le bâtiment a éprouvé les atteintes les plus promptes et les plus vives ; à mesure qu'elle rayonnait dans les environs, où elle perdait de son intensité, l'activité dans le bâtiment en subissait.immédiatement le contre-coup. On a constaté, d'autre part, dans certaines régions, une baisse des loyers, presque'imperceptible il est vrai, mais toujours suffisante pour calmer le zèle des entrepreneurs. Cette baisse est encore un effet de la dépression générale qui régnait dans les affaires, et de la crise métallurgique en particulier. À Luxembourg même, les loyers n'ont pas fléchi ; dans les alentours de la ville et dans le bassin minier ils ont perdu quelques pour cents ; à Luxembourg ils oscillent entre 5 et G °/0 du capital ; dans les alentours de la ville ils représentent 5 %, et dans le bassin minier 6 % du capital. Une diminution insignifiante est à signaler dans les salaires des ouvriers du bâtiment, qui s'élève à 0,50 fr. pour les maçons et les tailleurs de pierres, et à 0,25 fr. pour les journaliers. Le nombre très considérable d'ouvriers italiens employés ici comme maçons et comme journaliers, a diminué dans une forte proportion. Voici comment s'établissent les salaires des ouvriers de la bâtisse : fr. 5,00—5,80 Maçons » 3,00—3,75 Journaliers » 5,öO—6,00 Tailleurs de pierres , « 4,50—5,00 Charpentiers . . . . . . . . . . » 5,00—6,00 Couvreurs en a r d o i s e s . . . . . . » 8,00—6,00 Plaformeurs . . . . . . . . . » '3,50—4,80 Peintres en bâtiments. . . . » 3,50—4,50 Menuisiers . . » 4,50—5,50 Serruriers. Les industries et métiers tributaires du bâtiment sont encore fort loin du développement 28 que demanderaient les circonstances. Ainsi, beaucoup d'entrepreneurs de constructions font venir d'Allemagne les portes et fenêtres qui pourraient être fabriquées dans les ateliers du pays. Il en est de même de la serrurerie, en dépit de l'essor croissant que cette branche a pris récemment. Ardoisières. A Haut-Martelange la situation, tout en restant bonne, a subi quelques modifications en 1901. La maison Rother frères nous mande à ce sujet : Le prix de revient a subi une légère diminution en 1901 non pas tant par suite de la baisse des salaires, que par suite d'une exploitation plus rationnelle. Les prix de vente ont reculé d'environ 15%. Pourtant les ventes s'effectuaient lourdement et des stocks plus considérables que ceux de l'année dernière se sont formés. Notre principale cliente, l'Allemagne, s'est montrée plus réservée et nos ardoisiers ont pu se convaincre du peu de marge qu'offre le Grand-Duché à cause de la faveur dont l'ardoise belge continue à jouir ici. L'augmentation de la production en 1901, comparée à celle de l'année précédente, n'est donc pas le résultat d'une situation prospère du marché, mais elle doit être attribuée aux facilités plus grandes que rencontrait le recrutement des ouvriers, que la crise industrielle rendait libres ailleurs. Ainsi, l'exploitation était devenue plus régulière et plus soutenue que l'année précédente. Des essais en vue du perfectionnement du mode d'extraction et de l'exploitation en général se poursuivent sans cesse, mais n'ont pas encore abouti à des résultats appréciables. Un sujet de graves préoccupations pour nos exploitants est le recrutement des ouvriers. En général, la main-d'œuvre est toujours insuffisante. Au cours des années favorables que nous avons traversées, il s'est formé un grand nombre de petites exploitations: les ouvriers possédant leur métier se sont disséminés et il fallait recourir aux bras qui venaient s'offrir. Cette question est d'autant plus délicate que seuls les ouvriers qui ont une pratique suffisante peuvent fournir un travail convenable. Vers le milieu de l'année, une réduction de 5 %. a été opérée sur les salaires. La réserve croissante du marché allemand limite le débouché de nos ardoisières au Grand-Duché et à la province de Luxembourg. A l'intérieur du pays, une difficulté énorme s'oppose au développement des affaires, c'est le tarif extrêmement élevé des chemins de fer cantonaux que nous avons déjà signalé dans notre précédent rapport. Alors que sur un parcours de 29 km. on paye 43,80 fr. sur lés chemins de fer cantonaux, soit 1,50 fr. par km., la concurrence belge ne supporte que le tiers de ces frais sur les chemins de fer de son pays. Le même tarif est en usage pour les arrivages de charbons. D'autre part, la maison Schönborn nous écrit : L'établissement «Wilhelmsschacht» a été occupé durant toute l'année à compléter ses installations, et l'exploitation n'a pu prendre encore toute son ampleur. La production de cette période provisoire a été écoulée facilement, à des prix modérés il est vrai, mais qui ont été compensés par la diminution sur les salaires. Les ardoisières françaises et belges qui travaillent dans des conditions bien plus favorables, rendent le placement de nos produits très difficile sur notre marché naturel, le Luxembourg et l'Allemagne, et il faut espérer que le nouveau tarif douanier nous assurera 29 une protection plus efficace contre la concurrence étrangère. Les tarifs exorbitants qui sont appliqués sur la ligne Martelange-Noerdange donnent lieu à des plaintes incessantes de la part de nos exploitants d'ardoisières, mais on espère que l'achèvement de la ligne Martelange-Bastogne nous apportera une réduction de ces tarifs. De Perlé on nous signale une situation moins bonne que celle de l'année 4900, qu'on attribue à la crise générale, à la concurrence des ardoises belges et françaises et à celle des différentes sortes de tuiles. Les tarifs onéreux des chemins de fer cantonaux, tant pour les expéditions d'ardoises que pour les arrivages de charbons, exercent une influence fâcheuse sur la situation des ardoisières. Ainsi, 10,000 kg. de charbon du bassin houiller de Liège payent 53,20 fr. de Beyne-Hensay à Noerdange, c'est-à-dire pour un parcours de 150 km., et 39 fr. de Noerdange à Perlé, soit pour un parcours de 26 km. D'autre part, le mauvais état des routes qui conduisent à la frontière belge, à Arlon et à Habay-la-Neuve, est très à regretter, surtout que nos ardoises ne payent pas de droit d'entrée en Belgique quand elles sont employées dans la province du Luxembourg, mais le mauvais état des routes rend ce privilège presque illusoire. Signalons encore le fait que pour un grand nombre de travaux exécutés pour le compte de l'État ou des communes des ardoises belges sont expressément demandées. Nos ardoises indigènes devraient être traitées, pour le moins, sur le même pied que celles qui sont importées de l'étranger, et les qualités de l'ardoise luxembourgeoise mériteraient d'être mieux appréciées. Les «Ardoisières d'Asselborn» nous mandent : La production de 1.901 n'a atteint que 63 % de celle de 1900: elle était de 48 wagons de 10 T. soit 860,000 ardoises, La vente n'était que de 42 wagons d'un prix moyen de 720 fr. par wagon. Le chantier des ardoises fabriquées s'était déjà augmenté en 1900 de 521,700 ardoises représentant une valeur de plus de 20,000 fr. (à la suite des marchés allemands non observés) et il a subi une nouvelle augmentation en 1901, car au 1er janvier 1902 le chantier comptait 740.000 ardoises contre 670,000 au 1er janvier 1901 d'une valeur d'environ 35,000 fr. et représentant environ 55 wagons de 10 T. Cette discordance apparente entre les chiffres ci-dessus s'explique si l'on considère, d'un côté, que le chantier se compose en majeure partie d'écailles (forme allemande), ardoises plus épaisses et plus lourdes dont la valeur moyenne n'est que de 600 fr. par wagon, et de l'autre côté, que la production et la vente de 1901 ont été dirigées sur les formes voisines et octogones, plus recherchées dans le Grand-Duché. Ces ardoises se chargent en nombre plus que double par wagon. Bien qu'elles donnent par mille un prix inférieur à celui des écailles, leur valeur par wagon est supérieure, mais leur fabrication est de beaucoup moins rémunératrice et ne permet guère de bénéfices aux prix de vente actuels. Si la Société a abandonné la fabrication des écailles, c'est que les commandes des grands négociants allemands, ses clients des années antérieures, lui ont fait défaut. La production des ardoisières de la Moselle et du Rhin, dans lesquelles beaucoup de ces intermédiaires sont intéressés et qui sont situées plus près des centres de vente, suffisaient large, ment à la demande pour la forme écaille. Les effets de la crise l'ont donc forcée de changer sa fabrication, quant aux formes d'ardoises et, de plus, de se créer une nouvelle clientèle dans le Grand-Duché même, clien- 30 tèle négligée au cours des bonnes années et accaparée par la concurrence belge et française. Pour regagner le terrain perdu, elle a dû consentir à une nouvelle baisse d'environ 8 % sur les prix de 1900, ce qui portait la réduction totale, depuis le commencement de la crise, à 1 5 % . Le nouvelles concessions, très sensibles, lui ont été octroyées au commencement de 1902 par la concurrence belge et française dont les prix de revient sont plus modérés. Ce fait parle impérieusement en faveur du relèvement des droits d'entrée sur les ardoises étrangères importées dans le Zollverein. Les ardoisières d'Asselborn ont occupé, en 1901, en moyenne 50 ouvriers, dont 5 étrangers. Ce nombre a été porté depuis à 58. La main-d'œuvre accuse une moyenne de 3,30 fr. Pendant la série de bonnes années, la rareté de la main-d'œuvre ne permettait pas à cet établissement de donner à son exploitation l'ampleur qu'elle eût comportée. Le tableau suivant renseigne la production des ardoisières luxembourgeoises depuis 1896 par spécialités. ANNÉE ARDOiSES DALLES EviERS 1896... 1897... 1898... 1899... 1900... 1901... 15,551 mille 17,887 18,615 20,604 1,120 m. carrés 1,446 pièces 1,673 1,451 m. cour. 1,102 985 836 133 Le tableau suivant renseigne les importations d'ardoises dans le Grand-Duché et en Allemagne pendant les années 1897-1901. Ardoises belges importées. en dans le Grand-Duché Allemagne 1897. . 1898. . 1899. . 1900. . 1904. , T 2,394. .» 2,247 » 2,649 » 2,462 » 2,083 10,508 11,671 11,929 9,613 Ardoises françaises importées dans le Grand-Duché en Allemagne 151 7,538 409 9,395 913 11,545 804 12,877 595 Ardoises de provenances diverses importées dans le en Grand-Duché Allemagne 26,283 28,583 30,593 26,662 La valeur de ces importations s'établit ainsi: 1897. . Fr. 1898. . » 1899. . » 1900. . » 1901. .. » 263,340 246,870 291,390 270,820 229,130 1,182,500 1,461,000 1,493,000 1,201,000 16,700 844,000 45,000 1,169,000 100,500 1,435,000 88,500 1,640,000 65,500 2,958,000 3,574,000 3,804,000 3,333,000 31 Statistique de production pour les années 1900-1901. ombre des exploitations. Nombre des ouvriers occupés. QUANTITÉS PRODUCTION. sous terre. au jour. Spécification. Quantités. Prix. 304 304 ardoises . . . éviers 1) dalles 2) ardoises . . . éviers . . . . 18,060,900 1,298 32 à 50 7 à 12 3,50 à 6,00 33 à 50 8 à 10 5 à 11 employées dans le Grand-Duché. exportées à l'étranger. 1,287,900 1,097 16,321,000 N Année Les ardoisières en exploitation sont situées sur les territoires des communes d'Asselborn, Oberwampach et Perlé, sections de Haut-Martelange-Rombach, Asselborn, Niederwampach et Perlé. FR. 1900 1901 7 7 301 329 dalles 196 20, 700, 582 1,534 180 195 201 1 1,165,525 17,952,057 916 228 17 163 1) mètres courants ; 2) mètres carrés. Carrières. L'année 1901 n'a apporté aucun changement sensible dans l'exploitation de nos carrières. Dans ses grandes lignes, la production est restée au niveau de l'année dernière ; les prix de production et de vente ont gardé leurs positions. La vente courante, facile, qu'on nous signale depuis un certain temps, s'est maintenue. Le recrutement de la main-d'œuvre nécessaire, si difficile pendant quelques années, a rencontré des difficultés moindres. Parmi les progrès qui se sont produits dans les moyens de production, il faut noter une scierie à vapeur que la société de Montfort a montée dans sa carrière de Larochette, qui lui permet de scier les grands blocs au moyen du fil hélicoïdal. Au sujet des vœux présentés par nos exploitants de carrières, nous ne pouvons que répéter ce que nous avons déjà dit dans notre précédent rapport, à savoir : 1° le raccordement projeté de Grundhof aux carrières de Beaufort et de Reisdorf devrait être déclaré d'utilité publique, la société du Prince-Henri étant toujours disposée à le construire sans aucune indemnité, et 2° le projet de prolongement des chemins de fer secondaires de Larochette dans la direction de Junglinster devrait être pris en sérieuse considération. La production des différents groupes de carrières du Grand-Duché pour les années 1900 et 1901 est résumée dans les tableaux statistiques ci-après, fournis par l'Administration des mines. Année Nombre des exploitations. 32 Nombre des. ouvriers occupés. sous terre. au jour. QUANTITÉS PRODUCTION. Spécification. Quantités. Prix. employées dans le Grand-Duché. exportées à l'étranger. Carrières de calcaire à polypier. Communes de Ruinelange, Kayl, Differdange, Petange. — Sections de Rumelange, Differdange, Niedercorn et Rodange. 1900 1901 15 18 80 86 pierre de taille moëllons pierre de taille moëllons Mètres cubes. FR. 1,843 30,913 15 à 33 1.25 à 3,75 20 à 30 1,50 à 2,50 915 24,117 Tetange, Mètres cubes. Mètres cubes. 30 1,813 23,605 7,308 1) 742 173 8,054 2 ) 15,133 1) dont 6,331 mètres cubes de castine.— 2) dont 5,321 mètres cubes de castine. Déblais de mine (benglik de la minette). 1900 1901 1900 1901 Communes d'Esch, Rumelange, Kayl, Dudelange, Differdange et Petange. 31,100 10 1,00 à 1,50 14 moëllons 31,067 12,554 0,50 à 1,50 8 id. 12,554 7 Carrières de grès liasique. Communes de Larochette et Medernach. — Sections d'Ernzen 35 à 45 2,004 88 pierre de taille.... 3 1,25 900 moëllons... 30 à 40 pavés... 90 ‰ 35 à 45 3,215 pierre de taille... 4 188 1,25 700 moëllons... 35 à 40 80 ‰ pavés ... et Medernach. 879 900 5 38 45 1901 1900 6 1901 6 pierre de taille moëllons... pavés ... pierredetaille... moëllons... paves... 902 25 à 30 1,800 1,25 à 1,50 25 à 30 6 ‰ 25 à 30 1,545 1,25 à 1,50 1,950 1,303 ‰ 30 1,125 90 ‰ 1,849 1,366 700 80 ‰ Communes de Bech, Echternach et Rodenbourg. — Sections de Bech, Zittig, Echternach et Beidweiler. 1900 33 Hemsthal, 920 1,800 6‰ 1,545 1,950 1,303 ‰ Communes de Beaufort, Reisdorf et Berdorf. — Sections id. 906 1,781 20 à 35 75 pierre de taille 890 4,00 à 12,50 908 moëllons 973 29 à 40 2,235 76 pierre de taille 1,00 à 4,00 410 410 moëllons 875 262 Nombre des exploitations. Année 33 Nombre des ouvriers occupés sous terre. au jour. QUANTITÉS PRODUCTION. Spécification, Quantités. Prix. employées dans le Grand-Duché. exportées à l'étranger. Communes de Frisange, Dalheim et Mondorf. — Sections d'Aspelt, Dalheim et Altwies. 30 1900 5 pierre de taille 20 à 32 416 416 7,487 moëllons... 7,487 1,00 à 1,50 pavés.... 374 ‰ 374 ‰ 36 à 100 598 4 1901 20 à 34 pierre de taille 38 598 moëllons... 1,00 à 1,25 8,345 8,345 374 ‰ 60 à 100 pavés... 374 ‰ Commune de Contern. — Section d'Oetrange. 8 2 4 25 8 1900 pierre de taille 1,080 1,00 à 1,75 1,080 moëllons... 40 à 100 pavés... 16 ‰ 16 ‰ 6 6 30 3 6 pierre de taille 1901 1,00 à 1,75 1,360 moëllons... 1,360 40 à 60 20 ‰ pavés.... 20 ‰ Commune de Steinsel. — Section de Heisdorf. 95 20,00 à 37,50 3 3 95 1900 pierre de taille 1901 3 3 moëllons... pavés ... pierre de taille moëllons... pavés... 1,25 650 12 ‰ 25,00 à 37,50 20 à 25 80 1,25 685 37,50 12 ‰ 650 12‰ 80 685 12 ‰ Communes de Hesperange, Bertrange, Kehlen et Niederanven *) 1900 1901 1900 1901 17 4 20 5 39 61 pierre de taille moëllons... pavés ... pierre de taille moëllons... pavés .... 25 à 30 1,00 à 1,75 303 ‰ 20 à 90 25 à 30 150 1,00 à 1,75 10,087 380 ‰ 20 à 90 67 6,075 Carrières de grès bigarré. Commune de Mertzig. — Section de Mertzig. 55 à 65 432 34 pierre de taille 1,25 moëllons 250 25 à 45 pavés . . . . 6 ‰ 30 à 60 405 26 pierre de taille 2 à 6 399 moëllons 34 à 40 pavés 20 ‰ 4 4 3 *) + 12,000 m de pierrailles employés par le chemin de fer vicinal. 67 6,075 303 ‰ 150 10,087 380 ‰ 363 250 69 6 ‰ 379 399 20 ‰ 26 Nombre des exploitations. Année 34 Nombre des ouvriers occupés. sous terre. au jour. QUANTITÉS PRODUCTION. Spécification. Quantités. Prix. employées dans le Grand-Duché. exportées à l'étranger. Carrières de grès de Born. 1900 1901 Communes de Mompach et Rosport. — Sections de Born, Girst et Rosport. 7 1,144 69 pierre de taille 30 à 43 .480 moëllons... 1,50 à 5,00 1,340 1,340 52 pierre de taille 1,040 30 à 42 9 313 moëllons... 2,074 2 à8 2,074 dalles ... 2 230 m² 250 m 2 658 727 Carrières de grès coquillier. 1900 6 1901 8 1900 1901 1900 1901 1900 1901 1900 1901 Commune de Bettendorf. — Section de Gilsdorf. pierre de taille... 2,010 35 à 100 146 2,555 moëllons.... 1 à4 112 ‰ 40 à 75 pavés ... 207 pierrede taille... 3,108 4.0 à 80 2,080 moëllons... 1 à2 pavés... 45 à 70 262 ‰ 1,942 2,555 112 ‰ 68 3,160 8 2,080 18 ‰ Carrières de quartzite. Communes de Clervaux et Munshausen. — Sections de Clervaux et Roder. 5 16 hassel pour... 8,180 5,150 3,030 pierraille. 5 5,150 16 id. 0,070 5 920 Carrières de grès pour moëllons et pavés. Commune de Beizdorf. — Section de Mensdorf. 1 00 178 ‰ 35 p a v é s . . . . 578 ‰ 400 ‰ 00 500 ‰ 1 40 id. 075 175 ‰ Commune de Steinfort. 420 1,660 1 moëllons... 1,50 2,080 20 45 200 ‰ 100 ‰ pavés... 300 ‰ 1,005 1 1,50 18 1,665 moëllons.... 180 ‰ 40 pavés . . . . 20 ‰ 200 ‰ Communes d'Eich et Rollingergrund 1,305 5 9 1,00 à 1,80 moëllons... 1,365 60 ‰ pavés... 40 60 ‰ 9,850 6 moëllons... 1,00 à 1,25 9,850 95 ‰ pavés ... 40 Année Nombre des exploitations. 35 4900 1901 15 18 Nombre des ouvriers occupés sous terre. au jour. 40 37 QUANTITÉS PRODUCTION. Spécification. Quantités. Prix. Communes de Luxembourg et Hollerich. moëllons... 22,420 1,20 à 3,00 id. 25,370 1,25 à 3,00 Carrières de pierres à chaux et dolomie. employées dans le Grand-Duché. exportées à l'étranger. 22 420 25,370 Communes de Biwer, Grevenmacher, Mertert, Remich et Wormeldange. — Sections de Biwer, Grevenmacher, Wasserbillig et Machthum. 3 48 pierre à chaux 16,153 1,50 à 7,00 15 9,059 7,094 4900 et dolomie id. 20,562 17 50 1,50 à 4,25 9,072 11,490 4901 10 1900 1901 5 6 Carrières de pierres à. chaux pour chaufourniers. Communes de Bettendorf, Ettelbruck, Feulen, Colmar et Redange. 3,263 1,50 à 3,00 3,955 pierre à chaux 20 1,00 à 1,25 4,444 4.104 id. 23 692 340 Carrières de pierres à chaux. Communes de Beaufort, Echternach et Rosport. — Sections de Dillingen, Echternach et Rosport. 27 158 1,50 à 3,00 1,690 pierre à chaux 140 7 4900 280 460 180 6 tuf.... 1,035 915 120 1,25 à 2,00 20 pierre à chaux 6 1901 90 400 310 4à7 tuf...... Carrières de chaux hydraulique. 1900 1901 1900 1901 1900 1901 8 8 Communes de Strassen, Hollerich, Kehlen, Tuntange et Bertrange. 11,650 pierre à chaux 13,175 1,50 à 2,70 42 id. 12,725 1,40 à 2,70 11,425 39 Plâtrières. Communes de Steinsel, Walferdange et Rosport. — Sections de Heisdorf, Helmsange et Rosport. 1,496 6 plâtre brut... 1,828 1 4 13 896 6 4,440 12 4 Sablières. Commune de Mertert. — Sections de Mertert et Wasserbillig. 700 3à5 730 6 sable... 3 1,840 3à4 1,890 7 id. 4 id. 1,525 1,300 332 544 30 50 Nombre des exploitations. Année 36 Nombre des ouvriers occupés sous terre. au jour. QUANTITÉS PRODUCTION. Spécification. Quantités. Prix. employées dans le Grand-Duché. exportées à l'étranger. Communes de Bech, Echternach, Rodenbourg. — Sections de Bech, Echternach, Beidweiler. 1900 4 5 1,400 1,25 a 3,00 1,400 sable 1,350 0,60 à 3,00 l,350 4 id. 5 1901 1900 1901 1900 1901 1900 1901. 1900 1901 3 2 2 7 4 4 5 Commune de Steinfort. 8,820 . . 5,880 22 sable. . 15 id. 2 2 5,880 3,528 Commune de Mondorf. — Section d'Altwies. 3,707 1,25 sable 7 2,610 6 1,00 à 1,25 id. 3,707 2,610 Commune d'Eich. — Section de Rollingergrund. 990 1,00 a 1,80 sable. . . . . 7 780 l,00 à 1,25 4 id. 990 780 Communes de Luxembourg et Hesperange. 1,530 1,0.0 à 1,50 sable... 3,690 1,00 à 1,50 id. 1,530 3,600 4 8 2,940 2,352 Faïencerie. La situation générale de la faïencerie ne s'est guère modifiée en 1901. Le personnel employé à la fabrication des faiences et des carreaux de revêtement s'est élevé a 240 personnes. Les transports par chemin de fer ont atteint les chiffres suivants :
- a)Matières diverses arrivées 2,132,700 kg.
- b)Houille 3,497,500
- c)Produits expédiés 990,525 kg. Industrie des ciments. La succursale de la maison Wayss & Freytag, à Hollerich (Ciment armé), nous mande: Le prix du ciment s'est réduit d'environ 20 fr. par suite de la concurrence croissante, ainsi que de la crise générale. Vers la fin de l'année, le nombre des ouvriers, qui oscillait entre 30 et 40 an commencement de l'année, a diminué de la moitié, ce qui s'explique par cette circonstance que l'industrie des ciments bénéficiait encore, an commencement de l'année, des commandes de l'année 1900. 37 Briqueterie. Le recul qui s'était dessiné dans la briqueterie au cours de l'année dernière, s'est accentué en 1901. La demande de l'industrie du bâtiment, si active pendant un certain temps, s'est calmée, et la briqueterie qui répercute toutes les vicissitudes du cette industrie, dont, elle est tributaire, a vu sa production diminuer dans une forte proportion. Une baisse de 4 à o fr. par mille est survenue simultanément, le rapport entre l'offre et la demande ayant été détruit par le ralentissement de celle-ci. Cette baisse a été compensée eu partie par une baisse parallèle qui s'est produite sur les prix des charbons industriels. L'écoulement de la production témoignait d'une lourdeur exceptionnelle et il restait, à la lin de l'aimée, une quantité considérable d'invendu. La briqueterie luxembourgeoise, dans son ensemble, ne parvient que difficilement à franchir une certaine limite que diverses circonstances lui semblent avoir tracée. C'est, en particulier, la concurrence allemande qui l'empêche de prendre plus d'ampleur. Les dépôts de briques étrangères, qui ont été établis dans les principaux centres de consommation et à presque toutes les stations de chemin de 1er, et qui offrent aux acheteurs l'avantage d'être à sa portée immédiate, sollicitent la demande avec- un succès incontestable, au détriment de la production indigène. La vogue croissante de l'ardoise pour la couverture des toits ne permet toujours pas à la tuilerie de donner un plus grand développement à sa production. Quelques briqueteries mécaniques du pays ont formé un syndicat avec les briqueteries lorraines ; la plupart de nos établissements cependant sont restés en dehors du syndicat qui, d'ailleurs, n'avait pas demandé leur participation. Tannerie. L'année 1901, dans son ensemble, n'a pas été bien féconde en affaires. Une certaine faiblesse a été constatée durant toute la seconde moitié de l'année, tandis que les six premiers mois ont été plus favorables en général. La cause de cette situation réside dans la disproportion (lue nous signalons, depuis une série d'années déjà, entre les prix des matières premières, — à l'exception toutefois de l'écorce de chêne —, et le prix du.cuir fabriqué. Du côté de la tannerie moderne on constate un développement croissant. C'est, en particulier, le tannage au chrome, qui a fait des progrès énormes en 1901, et il est à prévoir que cette matière tannante fera une concurrence autrement sérieuse à l'écorce de chêne que le bois de Quebracho. La production n'a guère varié. Nos 75 établissements ont produit, en 1901, environ 137,000 cuirs, soit 45,000 cuirs forts, 67,000 cuirs du Nord et lissés tant en bandes qu'eu coupons, 25,000 croupons en courroies et 322,000 kg. de dépouilles,, empeigne etc. Wiltz figure dans cette production pour 97,000, Mersch pour 15,000, et le reste du pays pour 21,000 cuirs. La tannerie occupe environ 480 ouvriers. 38 Ecorces à tan. Le perfectionnement dans le tannage rapide, l'emploi de jour en jour plus considérable de matières tannantes étrangères, le développement du tannage an chrome et tant d'autres facteurs contribuent a exercer une influence défavorable sur le commerce des écorces. Néanmoins, les prix sont restés à peu près les mêmes qu'en 1900.Au commencement de 1901, les écorces de la récolte de 1900 ont été rapidement enlevées au prix de fr. 2,50 a 2,65 par botte, première qualité, Cette demande a continue pendant toute. l'année 1901. Dès la rentrée de la nouvelle récolte, qui s'est faite dans de bonnes conditions, un courant d'affaires favorable s'est maintenu, sans relever les prix cependant. Fin décembre il restait encore 30,000 bottes invendues, qui trouvent peu à peu acheteurs aux prix établis. Ganterie. L'année 1901 n'a guère été plus favorable à l'industrie gantière que l'année précédente, conséquence naturelle de la guerre anglais-boër, l'Angleterre et ses colonies étant devenues, depuis quelque temps, le débouché principal de cette industrie. Notre exportation de gants de peau vers les Etats-Unis a presque complètement cessé, Deux causes ont détermine cette situation : les droits d'entrée exorbitants qui frappent cet article et le développement qu'a pris la production de l'industrie gantière à l'intérieur de ce pays. Par contre, l'exportation vers les Etats-Unis s'est emparée d'une autre branche de la ganterie, les peaux de chevreau mégissées et teintes, toutes préparées pour la coupe, ce qui nous a permis d'atteindre en quelque sorte, pour notre commerce extérieur, le chiffre des années précédentes. A en juger par les résultats de la première année, cette branche de l'exportation ouvre une perspective très encourageante a nos ganteries, les droits d'entrée sur les peaux étant moins élevés que sur les gants tout faits, et cet article parait susceptible de se développer dans l'avenir. Au mois de mai éclata une crise intense qui paralysait jusqu'en octobre la fabrication de gants de peau, déjà languissante à cette époque. La situation était des plus difficiles alors. Malgré des réductions de prix, la clientèle anglaise ne donnait pas. La nécessité de sortir d'une situation critique, qui ne pouvait durer, et de fournir de l'occupation au grand nombre d'ouvriers et d'ouvrières s'imposait impérieusement. C'est alors que, grâce à la création d'une certaine qualité fort bon marché que l'on est convenu d'appeler « gant populaire », une reprise des affaires a pu être provoquée. La main-d'œuvre devenait insuffisante alors et il fallait recruter des ouvriers étrangers pour pouvoir satisfaire aux demandes qui se succédaient avec rapidité. A la faveur de cet heureux revirement, le chiffre de la production s'est trouve dépasser finalement celui de l'année précédente et le personnel a été légèrement augmenté. La production s'est élevée en 1901, à 63,000 douzaines de paires de gants et cette industrie occupait, a la fin de l'exercice, 650 ouvriers et 1300 ouvrières. 39 Industrie textile. La situation de l'industrie textile, dans ses grandes lignes, marque un pas de plus dans la progression descendante que nous constatons depuis des années. Les circonstances défavorables contre lesquelles cette industrie se débat un peu partout, continuent à exercer leur action déprimante. Sa production renseigne encore une légère diminution, tant pour la draperie et la bonneterie que pour les tissus coton et mi-laine; elle s'établit ainsi pour les deux années dernières: Année 1900. Draperie... Bonneterie... Tissus coton et mi-laine fr. Année 1901. 1,640,000 fr. 1,550,000 680,000 650,000 ... 500,000 450,000 fr. 2,820,000 fr. 2,650,000 Ces chiffres renseignent une diminution de 6 pCt. de la production totale. Comme cause principale de cette situation défavorable il faut citer la disproportion qui règne entre les prix des matières premières et ceux des prix de vente. A cette cause primordiale viennent s'ajouter les sauts brusques et capricieux qui surviennent, sans raison apparente, dans les prix des matières premières, ne laissent aucune marge à une production normale, pondérée et déroutent les calculs les mieux établis. D'autre part, les prix de vente ne sauraient se plier aux caprices inexplicables du marché des laines et des cotons et la production cherche vainement une compensation de ce cote. La vente se heurte à de grosses difficultés. Des droits de douane très élevés s'opposent à 1'exportation de nos produits en France et dans I'Amérique du Nord. L'exportation en Belgique s'est ralentie. A l'intérieur du pays, les rentrées s'effectuent péniblement par suite de la crise générale. Au commencement de l'année 1901 une éclaircie subite, mais de courte durée, s'était produite. Les prix de vente s'amélioraient et dépassaient de 10 pCt. ceux de la même époque de 1900 ; les cotons qui avaient atteint des prix inconnus vers la fin de l'année dernière, baissaient progressivement, tandis que les laines gardaient une certaine fermeté avec tendance a la hausse. Mais la crise dans la métallurgie s'étendant, la consommation se montrait plus réservée et la vente des produits fabriqués s'alourdissait de jour en jour. Vers le mois de juillet les prix avaient atteint leur ancien niveau et cessaient d'être rémunérateurs. Les salaires sont restés au niveau de l'année 1900. Cependant, la rareté de la main d'œuvre qu'on nous signalait l'année dernière en plusieurs endroits, n'a pas été ressentie. Le nombre des ouvriers accuse une légère diminution : de 850 il est descendu à 830. A Esch-sur-Sûre, ou l'industrie textile avait disparu depuis une série d'années, un nouvel établissement a été fondé par MM. Demuth frères pour la fabrication des molletons, flanelles etc. Vers la fin de l'année cet établissement occupait 13 ouvriers. Parmi les observations, d'un caractère plus spécial, qui ont été présentées à la Chambre de commerce, nous relèverons les suivantes: 1° Une firme de Larochette estime qu'il serait désirable d'avoir un tarif direct avec les chemins de fer Guillaume-Luxembourg, le tarif applique par les chemins de fer secondaires étant trop élevé pour les petite colis. Ainsi, un colis de 1 à 30 kg. paye 40 pf. de transport de 40 Cruchten à Larochette, soit pour une distance de 10 km., alors que le même colis ne paye que 30 pf. de Cruchten à Metz, soit pour une distance dix fois supérieure. — Cette remarque au sujet de la ligne de Cruchten à Larochette pourrait être étendue à tous nos chemins de fer secondaires sans distinction. 2° L'établissement de Schleifmühle appuie sur l'imperfection de ses moyens de communication avec les débouchés de sa production, ainsi que sur l'absence d'une communication convenable avec la gare centrale Cette dernière circonstance lui est désavantageuse à un double point de vue: elle lui vaut d'abord la perte d'un temps précieux et de grosses dépenses pour transport par camion de toutes ses matières premières et de tous ses produits fabriqués et lui enlève, ensuite, une partie de la clientèle habituée a acheter sur place. 3° Le même établissement nous informe qu'une perte sèche de 7,000 à 8,000 fr. par an lui est causée par les surtaxes qu'il est oblige de payer pour les lettres lui arrivant d'Allemagne et qui ne sont affranchies qu'avec 10 pfennig. Des réclamations analogues ayant été présentées par d'autres maisons, il paraît que les surtaxes pour lettres insuffisamment affranchies forment un élément sérieux des frais généraux dans notre Industrie textile, qui est en relations suivies avec les pays du Zollverein. Ces maisons expriment le vœu qu'une taxe uniforme de 10 pf. par lettre de 15 à 20 gr. soit établie entre le Grand-Duché et 1'Allemagne. Industrie du vêtement. L'industrie du vêtement occupe environ 510 ouvriers des deux sexes dans le GrandDuche. Sa production, dont les principaux débouchés sont le bassin minier luxembourgeois et les centres industriels de 1'Alsace-Lorraine, se ressentait d'une certaine faiblesse qui commençait a se dessiner déjà vers la fin de l'année 1900. La maison Ch. Jubert de Luxembourg nous mande à ce sujet: La vente des vêtements de travail a tout naturellement subi le contre-coup de la crise industrielle si intense en 1901, et ce n'est qu'en s'efforçant de placer, a des prix très bas et non rémunérateurs, sa fabrication soignée que cette maison a pu continuer à fournir régulièrement du travail à tous ses ateliers. A Larochette la situation a été sensiblement la même. On y renseigne une légère diminution dans la production, comparativement à l'année 1900, qu'on attribue à la crise générale dans l'industrie métallurgique. Tabacs et cigares. A la bonne marche que l'industrie des tabacs et cigares avait acquise, a succédé, en 1901, une dépression générale. Les nombreux ouvriers étrangers, italiens surtout, que la crise a chassés du bassin minier, sont autant de consommateurs perdus pour l'industrie des tabacs ; les autres ouvriers, et aussi les particuliers, dont les revenus ont été rognés par la faiblesse générale des affaires, ont diminué, en première ligne, la consommation des cigares 41 et du tabac. A la suite de ces circonstances les stocks se sont accumulés ; beaucoup d'ouvriers ont dû être renvoyés et la tâche de ceux qui restaient a dû être réduite. Puis, cette industrie s'est ressentie vivement du renchérissement des matières premières qui atteignent des prix inabordables. Deux « trusts » puissants : le trust américain, constitué au capital de 2 milliards, et le trust anglais, constitué au capital de 1,250 millions, se disputent avec acharnement la récolte entière des pays producteurs, l'un cherchant à évincer l'autre par des offres de prix qui dépassent les espérances les plus optimistes des producteurs mêmes. Cet accaparement de la production entrave les approvisionnements et les petits lots qui restent se paient le double de la valeur des années passées. Considérés dans leur ensemble, les résultats de l'exercice 1901 n'ont guère été favorables. Les affaires sont devenues difficiles, peu lucratives et hasardeuses surtout, parce que les rentrées s'effectuent péniblement ou restent en souffrance et que les clients, qui présentent une surface suffisante, deviennent d'une exigence peu ordinaire, car ils sont trop courus. Par ce temps de faiblesse des affaires, l'industrie des tabacs ressent vivement les impôts qui la grèvent. Enfin, l'Allemagne commence à prendre des allures alarmantes : elle déverse par quantités considérables, et à des prix dérisoires, sa surproduction sur notre marché et sur celui de l'Alsace-Lorraine où nous jouissions d'une bonne et sérieuse clientèle. La production est restée sensiblement la même que celle de l'année précédente, avec cette différence que l'exercice 1900 ne laissait qu'un stock peu considérable, tandis que l'exercice 1901 laisse une grande quantité d'invendu. Nos 12 fabriques occupent un personnel de 400 à 450 ouvriers et employés, percevant environ 250,000 fr. de salaires. Leur production totale se répartit ainsi : 2,500,000 fr. 28,000 quintaux de tabac à fumer, représentant 125,000 1,000 à mâcher et à priser, représentant 600,000 15 millions de cigares, représentant 125,000 15 de cigarettes, représentant Ensemble 3,350,000 fr. Tandis que l'usage du tabac à priser, ainsi que celui des rôles noirs pour fumer, tend à disparaître, la cigarette gagne en faveur et élargit ses débouchés d'année en année. Brasserie. L'industrie des bières n'a pas ressenti les effets de la crise qui sévissait dans presque toutes les autres industries. Sa production poursuit la marche ascendante déjà signalée dans notre rapport précédent : alors qu'elle a atteint, en 1900, le chiffre de 174,733 hectolitres, elle s'est élevée, en 1901, à 180,479 hectolitres. Elle renseigne, par conséquent, une augmentation de 5,744 hectolitres qui est due notamment à nos exportations croissantes vers la Belgique. Les prix des matières premières sont restés, pour ainsi dire, stationnaires. Le mouvement de la production de nos brasseries donne les chiffres suivants pour les six dernières années ; 140,087 h l . 1897 150,411 1898 167,696 1899 42 1900 174,733 h l . 1901 180,479 Les 13 brasseries en activité dans le Grand-Duché ont occupé ; en 1900 environ 330 ouvriers et 200 chevaux 1901 350 215 La quantité de malt employée à la fabrication de la bière a atteint : en 1900 4,368,315 kg. 1901 4,511,965 Les droits d'accise acquittés par nos brasseries se sont élevés : en 1900 à fr. 218,415,75 1901 225,598,25 Nos exportations de bières vers les pays qui ne font pas partie du Zollverein présentent le mouvement suivant pour la période de 1896 à 1901 : Année. Bières en fûts. Bières en bouteilles. 1896 1897 1898 1899 1900 1901 1,117,925 kg. 1,215,411 993,342 1,140,728 1,233,267 1,275,530 184,422 kg. 14,108 36,483 21,767 31,648 13,133 Distillerie. Pendant la campagne de 1899-1900 le nombre des distilleries en activité état de 1,090 ; pendant celle de 1900-1901, ce nombre a été porté à 1,228, toutes agricoles. Le nombre des distilleries a donc augmenté de 138 dans le courant du dernier exercice. Jusqu'ici il n'existe toujours pas une seule distillerie industrielle dans le pays. De ces 1,228 distilleries, insignifiantes comparées à celles de l'Allemagne, 596 ont travaillé des matières premières farineuses, c'est-à-dire du seigle, du maïs, de l'orge et des pommes de terre (dont 9 ont travaillé exclusivement des pommes de terre, et 632 ont travaillé des fruits) : pommes, prunes, poires, marcs de raisins. Le contingent légal est fixé à 8,518 hectolitres. Notre production s'est élevée à 7,785 hl. pour la distillation des matières farineuses et 600 fruits, soit 8,385 h l . d'alcool pur, ce qui représente une augmentation de 872 hl. d'alcool pur, comparée à la production de l'exercice précédent. I l a été employé à la distillation : pommes de terre grains fruits marcs de raisins en 1899-1900 en 1900-1901 646,500 kg. 3,290,900 16,235 hl. 8,477 404,000 kg. 3,568,900 25,764 hl. 7,661 43 Le droit d'accise acquitté par les distilleries s'est élevé : en 1899-1900 à fr. 616,381,25 1900-1901. 654,112,00 Imprimerie. Si l'année 1901 n'a pas apporté à l'imprimerie le débordement d'affaires de l'année précédente, elle peut encore être considérée comme favorable sous tous les rapports. La crise qui pesait lourdement sur la plupart des autres industries, l'a à peine effleurée. Le degré d'occupation de nos ateliers a été fort régulier ; seul, le travail supplémentaire, qui avait pris des proportions extraordinaires en 1900, a subi une réduction. La transformation du matériel qui s'opère depuis quelques années dans nos imprimeries, s'est accentuée durant l'exercice 1901. De ce côté, nous pouvons signaler particulièrement l'installation de trois presses typographiques ainsi que d'une deuxième machine à composer. Du côté de la main-d'œuvre nous assistons à un progrès. Malgré l'existence de 2 machines à composer, dont chacune fournit le travail de 5 ouvriers, le nombre des compositeurs, au lieu de descendre, tend à augmenter. Le personnel de nos 23 imprimeries comprend 150 ouvriers de toutes les catégories. Quelques établissements ont majoré leurs salaires et il est fort probable que cet exemple sera imité. On a remarqué, d'ailleurs, qu'une évolution lente commence à se manifester dans les salaires des ouvriers employés dans l'imprimerie. Une circonstance contribuera à la hâter. Dans le courant de l'été l'échelle des salaires a été relevée de 7½ pCt. pour toutes les imprimeries allemandes, à partir du 1 er janvier 1902, et nos relations économiques avec l'Allemagne sont trop intimes pour que cette évolution ne se fasse pas sentir ici. Le journal, qui a certes le plus contribué au développement de l'imprimerie, continue sa marche prospère. Aux 24 journaux et périodiques que nous avons renseignés dans notre précédent rapport, sont venues s'ajouter 2 nouvelles feuilles, qui ont porté ce nombre à 26. En librairie on ne cesse de se plaindre de la concurrence acharnée que le colportage étranger fait aux maisons indigènes, et que nous avons déjà signalée à plusieurs reprises. Les mêmes plaintes ne cessent de se produire dans l'imprimerie, surtout à propos des travaux de ville (kommerzielle Accidenzarbeiten). Les mesures répressives, qui ont été introduites depuis quelque temps dans notre législation, n'ont pu atteindre ce colportage qui continue à s'épanouir en pleine liberté. C'est, en particulier, par leurs prix modérés, qui sont faits en raison de l'importance de la commande, que les colporteurs étrangers réussissent à enlever la clientèle : celle-ci perd généralement de vue que ce sont les prix de gros qui la séduisent par leur modicité, ayant l'habitude de ne donner à nos imprimeries que les commandes peu importantes et qui subissent naturellement les prix de détail. On remarque encore, à travers toutes les productions de l'imprimerie, une tendance de faire une place plus large à l'illustration et surtout aux couleurs, soit par l'image coloriée, soit par l'impression en couleur, et qui paraît, marquer un acheminement de cette industrie vers un plus grand perfectionnement artistique. Cette tendance se répand dans le journal, dans le livre, et surtout dans le travail de ville 44 La vogue croissante de la carte postale illustrée que nous constatons depuis quelque temps, assure un travail régulier à un établissement de Luxembourg qui s'occupe de la confection de cet article. Nos ateliers de reliure se transforment très lentement. Un seul établissement a élevé ses ateliers à la hauteur du temps par l'acquisition d'un outillage perfectionné. Horticulture. La production de l'industrie horticole est restée stable et l'exercice 1901 n'accuse, dans les transactions, que de légères modifications en faveur de quelques branches. En rosiers nains, dont le placement est laborieux par suite de la surproduction qui règne en Allemagne, la vente était sans animation et un stock considérable est resté invendu. La demande en rosiers-tiges, par contre, était très active, et toute la production du GrandDuché a trouvé acquéreur. Les arbres fruitiers de tous genres se vendaient facilement et à des prix dormant entière satisfaction aux pépiniéristes. Le placement des arbustes et des plantes d'ornement suivait la marche normale tracée par les années antérieures. Dans la culture maraîchère nous pouvons relever une activité égale,soutenue. Primeurs et légumes de saison ont trouvé un débouché facile et rémunérateur sur les marchés de Luxembourg, ceux du bassin minier et même sur ceux d'Arlon. La concurrence des maraîchers étrangers peut être considérée comme nulle. L'horticulture occupe environ 500 ouvriers, dont plus de la moitié sont des journaliers des deux sexes.